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Un Benchmark des places financières les plus vertes


 

Et le lauréat 2017 de la place financière la plus verte est…

 

Avant tout résultat, il est nécessaire de rappeler succinctement le contexte.

L’essor de la finance durable est réel et le contexte actuel est celui d’un développement incessant de la finance dite utile, celle qui accompagne les projets responsables, qui se tourne vers les projets à faible empreinte écologique, et ceux à forte dimension sociale. La finance verte en est l’un des meilleurs exemples.

 

Pourtant, malgré le développement exponentiel de cette forme de finance ces dernières années, assez peu, si ce n’est aucune donnée n’existe aujourd’hui en 2018 pour mesurer précisément la contribution des places financières à ces nouveaux enjeux.

 

Alors le dossier fut pris à bras le corps par certains acteurs, soucieux d’établir avec précision des données sur la participation des grands centres financiers à la Green finance.

Une étude a donc été menée conjointement par le cabinet PwC, I4CE (institut for climate economics) et Climate-KIC.

 

 

Mais de quoi traite précisément le dossier ?

 

D’un benchmark, ou classement des places financières les plus vertes, sous-entendu celles où le volume et la part d’échange des titres financiers verts sont les plus importantes.

 

Plus précisément, l’étude a porté sur tous les “flux et services qui contribuent explicitement aux objectifs environnementaux”. Financement de technologies écologiques, émissions d’obligations vertes en sont des exemples. Par ailleurs, l’étude prend également en compte la transparence des informations données ou l’intensité verte des titres échangés.

 

Les objectifs de la mission sont multiples :

– D’abord celui de comprendre quelles sont les places où la finance verte prend le plus de place. Un élément factuel, mais essentiel pour établir une base de connaissances solide sur le sujet.

– Ensuite celui d’imaginer les dynamiques de ces lieux afin d’avoir une vision plus claire sur la transition que l’on vit. Le Benchmark peut se muer en outil d’anticipation des flux financiers verts mondiaux.

– Enfin, par le biais de ces classements, l’objectif pourrait être celui de favoriser la collaboration entre les centres, de créer une émulation pour davantage de “Green Finance” dans le futur.

 

Les trois organismes associés ont donc choisi sept centres financiers des pays du G7. L’étude a porté sur Paris, Londres, Milan, Francfort, New-York, Toronto et Tokyo.

 

Que ressortir des résultats obtenus ?

L’étude est plutôt riche d’enseignements.

La France peut se féliciter. L’europe, plus généralement.

 

Paris est, en volume d’émission, la place financière qui émet le plus d’obligations vertes au monde. Avec 33.7 milliards de dollars d’émission depuis janvier 2009, la capitale financière française relègue ses concurrents très loin. New-York, seconde par le volume émis, n’atteint “que” 15.3 milliards de dollars d’émission. Une avance qui n’est pas le fruit du hasard.

 

« Le marché des obligations vertes bénéficie actuellement d’un contexte réglementaire européen favorable couplé au développement de politiques financières durables » détaille le directeur des politiques financières durables chez PwC, Olivier Muller.

 

Plus globalement, c’est toute l’Europe financière qui a le sourire. Si le volume d’émission de Green Bonds (obligations vertes) ne consacre pas Francfort, c’est bien la part de ces dernières dans les obligations totales qui s’en charge. En effet, la place allemande surclasse ses camarades à ce sujet : les obligations vertes représentent plus de 2% du total obligataire du côté allemand. On dépasse à peine les 0.5% ailleurs, Paris se plaçant en tant que dauphin. Les places américaines et celle de Tokyo, elles, sont pour le coup complètement décrochées. Le choix du vert ne semble pas être une priorité côté américain et asiatique.

 

 

Une tendance bien accompagnée de faits

Un très bonne santé “verte” pour les places européennes, qui se traduit fort logiquement dans les faits.

De nouveaux produits financiers émergent, au même titre que les tendances du marché qui sont de plus en plus prises en compte.

A titre d’exemple, Natixis a créé une note structurée (titre de créance) verte, la première du genre. “Elle constitue la première d’une série d’innovations à venir au bénéfice de nos clients investisseurs”, a par ailleurs rappelé Luc François, responsable Mondial de Global Markets. De nouveaux instruments financiers donc, qui peuvent être les facteurs explicatifs de la bonne forme européenne sur le segment du “Green”.

 

Autre exemple parlant, celui de la branche française du géant HSBC. Deux fonds dits “bas-carbone” se sont ajoutés à la liste de fonds de HSBC France. Des nouvelles créations qui répondent selon les dirigeants à “une tendance actuelle du marché”.

Voici donc apparaître HSBC GIF Global Lower Carbon Equity et HSBC GIF Global Lower Carbon Bond, deux nouveaux exemples de la volonté des institutions financières d’entrer en adéquation avec les aspirations du moment en termes d’investissement.

 

Un leadership européen qui n’est pas acquis

Mais si les places financières européennes sont en très bonne santé concernant les produits financiers verts en général, rien n’est pour autant acquis. En témoigne le benchmark selon le volume de green Bonds certifiées par CBI (Climate Bond Initiative).

La place américaine (New-York) truste ainsi le haut du classement lorsque l’on se place sous le prisme de la certification.

 

 

Les US seraient alors les meilleurs élèves quant à l’utilité de leurs démarches. CBI cherchant ici à mesurer le côté vert d’un investisseur, son intégrité, son intensité. Certaines places financières semblent donc entrer davantage en adéquation avec le Climate Bond Standard. New-York en est le parfait exemple.

 

Les limites des études menées sur la finance verte

La certification, la confiance dans les actifs “verts”, voici les ennemis de l’étude réalisée par les trois organisations, et plus généralement les ennemis liés au sujet écologique.
Comme le décrit Léonard De Rivière, analyste chez Augusta & Co (banque d’investissement européenne) :

 

“N’importe quel acteur économique pouvant déclarer verte une émission d’obligation sans qu’il n’y ait forcément de contrôle […] ainsi il est impossible de garantir qu’une obligation verte va véritablement servir son but initial”.

 

Les dérives quant à l’appellation “verte” seraient donc nombreuses. Les faibles contrôles favoriseraient “l’écoblanchiment” (Greenwashing).

La fiabilité des données recueillies est importante, elle est une contrainte de la mise en place d’une classification.

 

Mais le rapport y fait particulièrement attention, en prenant en compte de nombreux indicateurs (le dernier graphique étant le meilleur exemple). C’est l’une des forces de l’étude réalisée : elle prend en considération de nombreuses dimensions de la finance dite verte, y compris les notions de Green Intensity, de respect des labels internationaux.

 

Ainsi, tout en comprenant les failles que contient ce premier Benchmark, les trois organisations ont d’ores et déjà permis d’appréhender avec plus de clarté le lien entre les places financières et la finance verte.

Même si l’objectif de l’étude est d’étendre à d’autres places financières mondiales les travaux, même si les trois partenaires espèrent réaliser des progrès sur l’homogénéité des données, la mission laisse optimiste.

Elle est en tout cas la première pierre d’un imposant édifice. Celui de mesurer les progrès de la finance verte années après années. PwC, I4CE et Climate KIC sont les précurseurs pour le chiffrage de la “Green Finance”.

 

Probablement au centre des attentions dans les années qui vont suivre, la finance verte voit donc déjà apparaître des structures dédiées et qui encadrent son développement.

 

Vous pouvez retrouver le rapport complet sur le Benchmark des places financières vertes dans le monde.

https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-30772-place-bourse-verte.pdf

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