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Ulule et les Franjynes ou comment soutenir les entrepreneurs anciens malades

La loi n°2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation du système de santé, ayant notamment vocation à améliorer l’accès des anciens malades au crédit bancaire en France, a été récemment précisée par deux décrets en février 2017. La nouvelle loi instaure en effet un droit à l’oubli pour les anciens malades du cancer et par là un accès plus favorable au crédit bancaire et à l’assurance-crédit. Auparavant, les anciens malades du cancer devaient attendre 15 ans pour ne plus mentionner leur maladie – dont ils avaient été déclarés en rémission – lorsqu’ils sollicitaient un crédit bancaire ou la souscription d’un contrat d’assurance. La loi n°2016-41 instaure une durée plus courte pour le droit à l’oubli. Les personnes en rémission d’un cancer devront attendre désormais 10 ans pour ne plus avoir à déclarer leur maladie, et 5 ans pour les mineurs, pour accéder à un prêt ou à une assurance.

Si cette loi est assurément un progrès, elle ne change rien pour les personnes encore malades et ne supprime pas les difficultés d’accès au financement dont souffrent les personnes en rémission, rendant plus difficile leur capacité à mener leurs projets pour le futur. Face à ce problème, les acteurs de la finance participative, de l’épargne solidaire ou encore de l’investissement social et responsable ont un grand rôle à jouer, plus que jamais nécessaire.

L’exemple du projet « Les Franjynes » présenté sur la plateforme Ulule et qui a déjà récolté plus de 35 000 €, illustre parfaite l’utilité et le rôle que peut jouer le secteur de la finance participative pour améliorer le financement de l’économie et son accès à tous.

« Les Franjynes »  est un projet porté par Julie Meunier, une jeune Niçoise de 29 ans qui à l’été 2016 a été officiellement déclarée en rémission d’un cancer du sein diagnostiqué 2 ans plus tôt. Durant sa convalescence, la jeune femme a dû subir un traitement important nécessaire pour beaucoup de malades du cancer et qui lui a fait perdre ses cheveux. Toutefois, loin de se laisser abattre, elle a trouvé durant cette période une alternative à la perruque pour continuer à mettre en valeur sa féminité : les Franjynes. Ainsi, elle revêtait chaque jour un turban qu’elle accessoirisait d’une fausse frange, ce qui lui valut des compliments pour son style par des personnes ne doutant pas une seconde qu’elle avait subi une chimiothérapie. Désormais en rémission, Julie veut toutefois faire profiter les autres femmes malades de son concept et décide de concrétiser ce désir en projet d’entreprise en commercialisant une gamme de différents turbans et franges.

Pour se lancer, elle a besoin d’au moins 22 000 € pour lancer sa production et sa campagne marketing. Cependant, en raison de son statut d’ancienne malade du cancer, elle se voit refuser l’accès au financement bancaire ou tout du moins on lui propose des conditions et surprimes trop importantes pour permettre la viabilité de son projet. Elle s’est donc tournée vers le crowdfunding et c’est sur Ulule que Julie a soumis son projet en décembre dernier.

Le bilan est fructueux. Julie a largement atteint son objectif initial de 22 000 € et son second objectif de 31 000 € pour arriver à plus de 35 000 € de promesses de dons actuellement. Outre le lancement de la production des Franjynes et de sa campagne marketing, Julie pourra développer « Les Franjynettes », la même gamme de produit destinée aux enfants et un système de tutos sur son site internet. Son projet pourra donc donner une alternative à la perruque aux femmes malades soucieuses de prendre soin de leur féminité et peut être un jour financer la recherche contre le cancer. Le lancement est prévu pour le début de l’été.

Ce succès en appelle d’autres et doit montrer que plus que jamais la nouvelle finance bouleverse et améliore le rapport des Français au financement. Face aux contraintes réglementaires des banques et aux difficultés injustes auxquelles de nombreuses personnes sont confrontées pour financer des projets permettant d’aller de l’avant, des plateformes de crowdfunding et bien d’autres acteurs du secteur peuvent apporter leur pierre à l’édifice, comme l’a fait Ulule avec les Franjynes.

Jean-Baptiste Bourbier


Pour soutenir le projet rendez vous sur la cagnotte Ulule  

Pour en savoir plus retrouvez nos produits en rapport avec le financement participatif 

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