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Les systèmes de finance communautaire à travers le monde

Epargne solidaire | 20/10/2016

L’économie sociale et solidaire est de plus en plus présente en France. Elle a permis le développement d’activités à fortes utilités sociale et environnementale, des activités qui promeuvent l’économie locale.

Novafi vous fait découvrir des exemples de  systèmes de finance communautaire à travers le monde qui ont permis de développer une économie communautaire et locale, favoriser l’entraide et lutter contre la pauvreté.

1.    Les community Bank aux Etats Unis

Les community banks sont des banques américaines qui ont pour but de fournir des services bancaires traditionnels à leurs communautés locales. Ces banques jouent un rôle important dans le système économique des Etats-Unis en aidant au développement de l’économie et à la création d’emplois locaux. Les community banks emploient plus de 700 000 personnes et créent de nombreux emplois par le biais de prêts aux consommateurs, aux petites entreprises et aux agriculteurs – 90% des prêts aux agriculteurs octroyés par les community banks.

Aujourd’hui, 51 000 community banks sont implantés aux Etats-Unis, ce qui constitue 96% du nombre total de banques aux Etats-Unis.

Quelle est la spécificité de ces banques ?  Tout d’abord, ce sont des banques commerciales  indépendantes et détenues par les locaux. Le conseil de direction des community banks est exclusivement constitué de citoyens locaux, résidant dans les zones dans lesquelles les banques sont implantées, qui ont pour ambition de mettre en avant les intérêts des communautés dans lesquelles ils vivent. Ainsi, Les community banks aident les populations locales à acheter des maisons, des voitures, financer les études de leurs enfants et s’assurer une stabilité financière.

Pourquoi faire le choix des community banks ? Contrairement aux géants nationaux dont la priorité est de servir les grandes entreprises, les community banks s’intéressent principalement aux familles, entrepreneurs et agriculteurs locaux afin de répondre à leurs besoins. Ces banques sont très impliquées dans la vie de la communauté. Ces banques locales sont proches de leurs clients, elles connaissent le marché local et ses spécificités. Il est ainsi plus facile pour le particulier de contracter un prêt dans de telles banques.

2.    La banque Palmas, banque communautaires de développement au Brésil

La banque Palmas est une initiative, qui a vu le jour en 1998 dans la Favela de Palmeira, qui utilise le système de microcrédit et de monnaie locale. Ashoka Fellow a fondé la banque Palmas pour lutter contre la précarité qui sévissait dans cette favela et faciliter l’accès au crédit, plutôt difficile dans ces villes.  Cette banque prête de petits montants aux habitants de la Favela. L’argent n’est pas prêté dans la monnaie officielle brésilienne  mais plutôt en Palmas qui circule seulement dans ce quartier. La parité (1 palma=1 real) a facilité l’utilisation et l’acceptation de cette monnaie au sein de la Favela. Des cartes de crédit et des prêts pour des travaux sont aussi attribués à certains clients. Pour chaque Palma en circulation, un Real est gardé en réserve par l’association. Par ailleurs, puisque la monnaie est seulement utilisable au sein de la zone où est située la banque, les emprunteurs dépensent leur argent dans le commerce local, ce qui génère des effets positifs dans l’économie locale.

Qu’est ce qui rend ce projet unique ? Tout d’abord, l’utilisation d’une monnaie locale a permis la croissance d’une économie locale tout en protégeant les ressources financières générées localement. Les habitants de la Palmeira, qui ont souvent du mal à avoir accès à des prêts car n’ayant pas des sources de revenus importants ou sont souvent obligés de payer de forts taux d’intérêts, peuvent désormais avoir accès au prêt à très faible taux  avec ce système. Le projet a permis la création de 1 000 emplois dans un quartier de plus de 30 000 habitants. Aussi, les commerçants locaux ont enregistré une augmentation de 30 à 40% de leurs ventes.

D’autres quartiers pauvres du Brésil ont bénéficié de formations pour pouvoir créer des projets similaires et lutter contre la pauvreté. Avec le soutien et le partenariat de la Banque du Brésil, 60 banques ont été créées pour 2 000 000 de bénéficiaires et un chiffre d’affaires de plus de 32 millions de réals sur 5 ans pour la Banque.

3.    Le système des tontines ou de l’épargne communautaire

« Les tontines sont des associations regroupant des membres d’un clan, d’une famille, des voisins ou des particuliers, qui décident de mettre en commun des biens ou des services au bénéfice de tout un chacun, et cela à tour de rôle ». Cette définition donnée par Bouman en 1977 met en lumière l’aspect solidaire et communautaire des systèmes de tontine principalement utilisés en Amérique Latine, en Asie et en Afrique.

Le système de tontine est simple. Généralement, chaque individu cotise une somme fixée à l’avance. La durée de la tontine est aussi fixée à l’avance. Une personne tirée au sort récupère l’intégralité de la somme collectée et ainsi de suite jusqu’à ce que tous les individus participant à la tontine aient récupéré la somme investie. Par exemple, vous pouvez décider, entre amis, de vous retrouver tous les mois et de cotiser 150 euros. L’ami qui est tiré au sort récupérera la somme collectée et continuera à verser les mensualités, pour permettre aux autres participants de récupérer leur épargne.

En Afrique, le système est très répandu et bénéficie de l’appellation Associations rotative d’épargne et de crédit. Les tontines sont très répandues parmi toutes les couches de la population et drainent des capitaux importants.


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