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Robo-advisors : quels enjeux pour l’ISR ?

Un nouveau phénomène fait son apparition dans l’univers de l’investissement : les robo-advisors (conseillers robots). Cette nouvelle tendance qui existe déjà Outre-Atlantique, commence à se développer auprès des épargnants français. En effet, les patrimoines importants disposent généralement de conseillers privés qui gèrent leurs investissements moyennant une commission. Mais les autres épargnants sont dans l’obligation de gérer eux-mêmes leurs investissements de façon autonome. Ce choix binaire entre faire appel à un gestionnaire de patrimoine ou chercher soi-même des financements attractifs pourrait être totalement bouleversé par l’arrivée de ces robo-advisors qui proposent de gérer votre épargne de manière automatisée.

Le principe des Robo-advisors

Les robo-advisors sont des plateformes de conseil en investissement automatisées. Ces plateformes jouent le même rôle qu’un conseiller en gestion de patrimoine, c’est à dire la gestion d’un portefeuille d’investissements, mais avec une intervention humaine quasi inexistante et des frais de gestion bien moindre.

Ces robo-advisors utilisent des algorithmes complexes ainsi que l’analyse de big data afin de conseiller l’épargnant sur les investissements les plus judicieux à réaliser. Cependant, le choix final de réaliser l’opération revient toujours à l’épargnant.

L’investisseur indique dès le début ses préférences en matière d’investissement ; à savoir la durée d’investissement souhaitée, le montant qu’il souhaite investir, le rendement attendu, et la plateforme lui fait des recommandations en fonction de ces critères.

Les plateformes de ce type sont encore peu présentes en France par rapport aux États-Unis ou au Canada où les robo-advisors se développent rapidement notamment auprès de la jeune génération. En effet, les “millennials” (les personnes devenant adultes dans les années 2000) n’ont pas nécessairement le même attachement aux relations humaines que pouvaient entretenir un investisseur et son conseiller. Cette jeune génération désire plus de transparence dans les frais qui lui sont appliqués et les rendements qui lui sont proposés. C’est ce que peuvent justement offrir ces conseillers robots.

Les avantages des “robots-conseillers”

Les avantages de ce type de plateformes sont nombreux pour l’épargnant. Tout d’abord, le coût de ce service est environ 4 à 5 fois plus faible que celui d’un conseiller en gestion de patrimoine traditionnel. Il permet également de s’adresser à un plus grand nombre d’épargnants qui n’auraient, en principe, pas les moyens de s’offrir ce type de service.

Par ailleurs, les robo-advisors permettent une plus grande cohérence dans le portefeuille d’investissements des épargnants puisqu’ils se fondent sur des critères définis à l’avance par l’utilisateur. Les robo-advisors peuvent également avoir plus facilement accès à l’ensemble des investissements réalisés par l’épargnant. Ce faisant, ils sont plus à même de choisir des investissements en phase avec le profil de risque de l’investisseur.

Selon 70% des membres du CFA Institute, une association d’investisseurs professionnels, les robo-advisors auraient un impact positif sur les investisseurs car ils proposent davantage de produits tout en offrant un meilleur service que la plupart des conseillers.

Contrairement aux conseillers en gestion de patrimoine, les algorithmes des robots-conseillers permettent de capter et de traiter l’ensemble de l’offre d’actifs présente sur le marché.

D’une manière générale, l’accessibilité de ce type de service à un champ d’investisseur plus large pourrait améliorer les connaissances financières de la population et augmenter les rendements pour ceux qui avaient l’habitude de placer leurs économies dans les produits d’épargne traditionnelle, faute de meilleure solution.

L’ISR et les robo-advisors

Avec l’arrivée de ce nouveau service, on peut se demander comment l’ISR pourrait s’insérer dans ce cadre.

Au Canada, WealthSimple qui est un des robo-advisors les plus connus, a déjà introduit un portefeuille d’actifs ISR. La plateforme propose alors à l’épargnant d’investir dans des fonds prenant en compte les critères ESG.

Alors que ces robo-advisors commencent à arriver en France, on peut espérer que les nouvelles plateformes intégreront, dès leur lancement, une partie ISR dans leur portefeuille. Reste à savoir si la combinaison de ces deux phénomènes sera rapide. Grâce des algorithmes similaires à ceux déjà utilisés, les robots advisors peuvent répondre aux exigences des épargnants en terme de soutenabilité de leurs investissements : au même titre qu’un fonds ISR, un robot pourrait indiquer le pourcentage d’investissement responsable que contient le portefeuille du client.

Il ne fait aucun doute que cette nouvelle Fintech pourrait permettre de favoriser l’Investissement Socialement Responsable et ainsi permettre aux épargnants de profiter d’un conseil pour leur gestion d’épargne ainsi que la possibilité d’investir dans des fonds ISR.

Les limites de ces conseillers virtuels

Ces plateformes de robot-conseillers possèdent malgré tout certaines limites. En effet, si les générations plus jeunes font confiance plus aisément à cette nouvelle technologie, il peut paraître difficile pour d’autres épargnants de confier l’ensemble de leur épargne à des robots dont ils ne comprennent pas nécessairement le fonctionnement.

Par ailleurs, ces robo-advisors sont trop récents pour savoir si les rendements pour l’épargnant sont significatifs sur le long terme. On ne sait pas non plus comment ils réagissent à des fluctuations importantes du marché qui peuvent être liées à des comportements émotionnels de la part des autres acteurs du marché. En raison de leur nature algorithmique, le risque est en effet que tous les robots réagissent de manière identique et rendent les mouvements de marché toujours plus brutaux et volatils.


 

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