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RE100, EP100, EV100 : les multinationales se mettent au vert

RE100, EP100, EV100 – respectivement pour : Renewable Power 100 ; Energy Productivity 100 ; Electric Vehicles 100 – sont des initiatives créées par The Climate Group grâce auxquelles les grandes firmes multinationales s’engagent à agir au sein de leurs business models en faveur de l’environnement. La plus aboutie aujourd’hui est l’initiative RE100 : créée en 2014, cette initiative qui encourage les firmes multinationales à s’alimenter à 100% en énergies renouvelables, a passé la barre symbolique des 100 adhérents le 11 juillet dernier.


RE100 : son fonctionnement

Impulsée par une alliance entre The Climate Group et l’ONG CDP, tous deux faisant partis de la coalition We Mean Business, l’initiative RE100 a aussi été soutenue et fondée par deux groupes d’envergure internationale : IKEA et SWISS RE. Son objectif : mettre en œuvre une tendance mondiale au changement et à l’utilisation des énergies renouvelables qui remplaceront à terme les énergies fossiles. Pour cela, rien de plus significatif que d’inciter le secteur privé à amorcer un mouvement global : « Le secteur privé est la source d’environ la moitié de la consommation d’énergie dans le monde. Inverser la tendance et orienter cette demande vers les énergies renouvelables accélèrera la transformation du marché global de l’énergie et facilitera la transition vers une économie bas-carbone. » (Source, traduit de la présentation de l’initiative RE100 sur son site : http://there100.org/). Les entreprises prenant part à l’initiative RE100 s’engagent donc à s’alimenter à 100% à l’aide d’énergies renouvelables avant une date qu’elles se sont fixées : 2024 pour la plupart.

Comment le mettent-elles en place ? Dans le rapport annuel 2017 de l’initiative RE100, chaque stratégie pour chaque entreprise est détaillée, cependant, plusieurs tendances se démarquent : la mise en place de stratégies vertes en partenariat avec les sous-traitants et fournisseurs ; achat de certificats tels que le REC (Renewable Energy Certificates), le certificat de garantie d’origine en Europe ou l’I-REC (équivalent du certificat de garantie d’origine pour des pays comme l’Asie ou l’Amérique Latine)… Voici un schéma montrant la tendance des solutions utilisées par les groupes pour remplir leur objectif d’utilisation des énergies renouvelables à 100%.


(Source: RE100 Annual Report 2017; Accelerating change: how corporate users are transforming the renewable energy market?)

De nombreuses entreprises se rapprochent d’ores et déjà de l’objectif de 100%, en faisant des progrès significatifs : « [Entre 2014 et 2015] Autodesk est passé de 40% à 81% d’utilisation d’énergies renouvelables, Elopak est passé de 18% à 86%, Goldman Sachs de 14% à 86%, H&M de 27% à 78%, et Mars de 6% à 37% ». (Source: RE100 Annual Report 2017; Accelerating change: how corporate users are transforming the renewable energy market?). En 2015, 11 d’entre elles l’avait même déjà dépassé.

L’initiative se veut donc, à terme, être un mouvement auto-suffisant : le but étant de faire en sorte que les grandes entreprises adhérentes influencent le choix d’autres grandes entreprises pour que ces dernières suivent le mouvement mis en place. C’est d’ailleurs dans cette optique que le Carlsberg Group a rejoint l’initiative, il y a vu « une opportunité de partager les meilleures pratiques, d’apprendre des autres » et d’« inspirer d’autres entreprises à suivre cet exemple » (Source : Newsletter : 100 members moment, EU energy policy and what’s coming up ; July, 20 ; http://there100.org/). L’exemple le plus probant est celui d’Apple : Apple encourage en effet ses fournisseurs à adopter cette même démarche et à utiliser peu à peu les énergies renouvelables.


RE100 : un rayonnement mondial

Le rayonnement de l’initiative RE100 est mondial et se retrouve au travers de deux caractéristiques principales : la situation géographique des entreprises prenant part à l’aventure, et le secteur dans lequel elles opèrent.

Ainsi, pour ce qui est de la situation géographique, à travers ses entreprises adhérentes, l’initiative RE100 est présente dans de nombreux pays. Elle touche quatre grandes zones, ayant pour la plupart, déjà mis en place des politiques relatives à l’environnement et facilitant ainsi l’action de l’initiative RE100 :

  • L’Europe et son objectif d’atteindre 20% d’utilisation d’énergies renouvelables d’ici 2020.
  • Les Etats-Unis et la mise en place Clean Power Plan en 2015 qui prévoit la réduction des émissions de CO2 de 32% d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 2005.
  • L’Inde et son objectif d’atteindre 175 GW d’énergies renouvelables d’ici 2022. Les premières entreprises à avoir rejoint l’initiative sont : Infosys (2015) et Tata Motors Limited (2016).
  • La Chine et sa loi sur l’Énergie Renouvelable mise en place en 2005 et amendée en 2009. Elion Resources Group est devenu le premier groupe chinois à intégrer l’initiative en 2015.
(Source des données : http://there100.org/)

Néanmoins, l’action de l’initiative RE100 ne s’arrête pas à inciter des entreprises à adhérer. A terme, l’initiative RE100 aimerait aussi aider ces entreprises à opérer les changements nécessaires au développement durable tout en les aidant à faire face aux politiques nationales, notamment en Chine et en Inde. Ainsi, l’initiative RE100 a pour objectif de travailler en partenariat avec des associations nationales pour aider les autorités à mettre en place des marchés en accord avec ces nouveaux principes :

  • Pour la Chine, RE100 travaillera en partenariat direct avec le WRI (World Resources Institute) et la CREIA (Chinese Renewable Energy Industries Association) afin de participer à la Green power Initiative pour « permettre aux entreprise de surmonter les obstacles politiques et économiques à leur transition vers les énergies renouvelables », mais aussi « promouvoir en dernier ressort la formation d’un marché de l’énergie renouvelable basé sur la demande du consommateur. ».
  • Pour l’inde, afin d’aider le Gouvernement à promouvoir une industrie verte, l’initiative RE100 mettra par exemple en place des ateliers et conférence pour inciter d’autres entreprises à faire partie de l’initiative.
(Source: RE100 Annual Report 2017; Accelerating change: how corporate users are transforming the renewable energy market?)

En outre, de nombreux secteurs sont touchés et concernés par cette initiative. Le tableau suivant présente d’ailleurs l’ensemble des secteurs des entreprises concernées, ces données sont réparties sur la base de 87 entreprises membres de l’initiative entre 2015-2016.

(Source: RE100 Annual Report 2017; Accelerating change: how corporate users are transforming the renewable energy market?)

RE100 : le début d’une tendance

En juillet dernier, l’initiative RE100 a atteint son objectif, avoir plus 100 multinationales adhérentes à son programme : aujourd’hui, 111 multinationales ont rejoint cette initiative. Les derniers entrants étant : Carlsberg Group, AkzoNibel, Axa, Burberry. Ces nouveaux acteurs permettent désormais à l’initiative d’être responsable de l’augmentation significative de la demande en énergies renouvelables. Cette demande sera désormais de 146 TWh, soit l’équivalent de l’énergie nécessaire pour alimenter un pays comme la Pologne ou un état comme New-York.

Cependant, l’action de The Climate Group ne compte pas s’arrêter là, d’autres initiatives sont ou vont être créées pour continuer d’amorcer ce mouvement de long terme tout en permettant de nouveaux progrès par de nouveaux moyens. C’est le cas pour les initiatives EP100 (Energy Productivity 100) et EV100 (Electric Vehicles 100) : à leur manière, ces initiatives inciteront de plus en plus d’acteurs à prendre part au phénomène en cours. Le but de la mise en place de ces initiatives est simple, « De façon collective, ces initiatives alimentent les business models du 21ème siècle à l’aide de blocks qui permettront d’atteindre les objectifs du développement durable au niveau scientifique et ainsi transformer les modèles existants en économies neutres en émissions. » (Source: RE100 Annual Report 2017; Accelerating change: how corporate users are transforming the renewable energy market?).


Ainsi, de façon certaine, les initiatives RE100, EP100 et EV100 seront porteuses d’avenir et de grands changements pour la société. Les multinationales prennent conscience des comportements à adopter pour faire face aux nouveaux enjeux du développement durable. Cependant, ces changements dans les modes de production et de consommation concerneront à terme tous les acteurs de la société. En tant que consommateur, il est déjà possible d’apporter votre pierre à l’édifice en favorisant par exemple des investissements socialement responsables pour aider ces multinationales à opérer ces changements. Retrouvez l’ensemble de la gamme des fonds ISR sur notre plateforme : http://novafi.fr/recherche-fonds/.

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