Retour

Le rôle de la nouvelle finance dans la transition énergétique

La conférence sur le climat (COP21) qui s’est tenue en décembre 2015 à Paris  a été le moment fort de cette année 2015 concernant l’environnement. Pourtant, les inquiétudes environnementales ne datent pas d’hier. En effet, le club de Rome pointait déjà en 1968 les conséquences catastrophiques de l’économie mondiale sur le climat.

Force est de constater que depuis cette époque, les choses n’ont que peu évolué : nous consommons toujours autant d’énergies fossiles, polluantes et non renouvelables, nos moyens de transport sont encore très éloignés de ce qu’ils devraient être dans le cadre d’une transition énergétique. Par quoi peut-on expliquer cette relative stagnation écologique depuis 45 ans ? Une partie de la réponse à cette question réside dans le fait que les activités polluantes, incompatibles avec la transition énergétique ont continué d’être financées et par ce biais, encouragées. Ce faisant, les activités susceptibles d’accélérer la transition énergétique, perçues comme plus risquées, n’ont pas pu trouver les financements nécessaires à leur développement.

Selon Overseas Development Institute et Oil Change International, les gouvernements du G20 investissent chaque année 420 milliards de dollars, soit presque 4 fois plus que le total des subventions attribuées aux énergies renouvelables, évaluées à 112 milliards de dollars. Cette distorsion tient en grande partie au fait que la finance traditionnelle ne prend guère en compte l’impact écologique de certaines activités.

Une meilleure prise en compte de facteurs environnementaux

La nouvelle finance a pour vocation de redonner du sens à l’épargne des particuliers,  de reconnecter le monde de la finance à une économie respectueuse de l’environnement. A cette fin, elle s’attache à ne pas se limiter aux seuls critères financiers dans sa réflexion. Les autres critères peuvent concerner la gouvernance d’entreprise, la politique sociale de l’entreprise mais également la politique environnementale des acteurs économiques.

Les fonds ISR s’imprègnent de cette démarche : ils n’investissent en principe que dans des activités non polluantes ou des activités avec des scores ESG (environnemental, social, gouvernance) élevés. Les scores ESG permettent une meilleure allocation des financements d’un point de vue environnemental. En d’autres termes, ils autorisent une meilleure cotation de l’impact environnemental des activités économiques. Pour illustrer l’importance de ce mouvement, la banque Allemande KFW a récemment annoncé qu’elle ne fournirait de futurs mandats pour ses obligations vertes qu’à des banques ayant des bons score ESG.

Visibilité sur l’investissement et transparence, atout de la nouvelle finance

La nouvelle finance souhaite se démarquer de la finance traditionnelle en offrant aux épargnants une vraie visibilité sur la destination de leurs investissements, et une vraie transparence quant à l’utilisation de leur épargne. En effet, l’épargnant peut choisir les causes qu’il souhaite défendre avec l’assurance que son argent sera investit conformément à ses souhaits. L’épargnant reprend désormais progressivement la main sur l’utilisation qui est faite de son épargne. Les outils à sa disposition ne cessent de s’enrichir grâce au crowdfunding (financement participatif) et à l’épargne solidaire qui proposent de financer directement des projets ou des associations de son choix.

Ce regain de visibilité sur leurs investissements permet aux épargnants de défendre leurs convictions et ainsi de contribuer à la transition énergétique, s’ils le désirent. Ces nouvelles opportunités d’investissement à destination d’entreprises dédiées à la transition énergétique permettent le développement d’activités en phase avec les enjeux écologiques contemporains. Devant la frilosité actuelle de certaines banques, les PME à « forte valeur ajoutée environnementale » trouvent désormais, d’autres alternatives pour se financer et se développer.

schéma.png - copie

La nouvelle finance joue deux rôles majeurs dans la transition énergétique : une réallocation des ressources écologiquement pertinente et un renforcement du pouvoir de décision des épargnants. En plus de palier les faiblesses de la finance traditionnelle, la nouvelle finance offre une opportunité extraordinaire aux citoyens : devenir les grands argentiers de la transition énergétique. En d’autre terme, chacun se voit offrir la possibilité de contribuer à la construction d’un monde moins pollué et plus orienté vers le développement durable de notre économie. C’est dire à quel point le rôle de la nouvelle finance est et sera décisif dans la transition énergétique.


Pour en savoir plus retrouvez :

– Les solutions investissement pour l’environnement.

– Notre fiche pratique Développement durable : quel impact a mon épargne ?

Share on FacebookShare on Google+Share on LinkedInTweet about this on Twitter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.