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La microfinance verte, qu’est-ce que c’est ?

Jordan Ravindirane, auteur sur Novafi, revient sur un domaine qui lui tient à cœur, la microfinance et plus particulièrement la microfinance verte. Un article que vous pourrez aussi retrouvez dans nos fiches pratiques.

La micro finance verte peut se définir comme la prise en compte des enjeux environnementaux dans le domaine de la microfinance. Il convient de rappeler que la microfinance se définit comme l’ensemble des activités proposant des produits financiers à une clientèle traditionnellement exclue du système financier classique.

Les Objectifs de la microfinance verte 

Nous pouvons identifier trois types de champ d’activités dans la microfinance verte :

  1. L’intégration de l’impact écologique des clients et des institutions de microfinance (IMF) dans la stratégie des IMF et des acteurs de la microfinance

 

La microfinance s’est d’abord développée dans un souci de justice sociale et de réduction de la pauvreté. C’est seulement depuis une dizaine d’années que ce secteur commence à prendre en compte les enjeux environnementaux dans sa stratégie. Ceci est la conséquence d’une demande émanant des IMF elles-mêmes mais aussi des bailleurs de fonds internationaux. En intégrant l’impact écologique des clients et de leur propre fonctionnement, certaines IMF souhaitent dépasser la première mission qu’elles s’étaient donnée. Elles se dirigent alors vers une approche Triple Bottom Line (people, planet and profit). En effet, la microfinance est un secteur plutôt mature dans les pays en développement et nombreux sont les clients des institutions de microfinance (IMF) vivant d’activités polluantes comme la teinturerie, les mines ou la tannerie. Les IMF sont donc des acteurs clef pour la promotion d’activités plus durables. Cependant, cette mesure de l’empreinte écologique des clients demande une certaine expertise que de nombreuses IMF ne possèdent pas. De plus la mesure de l’impact social reste la priorité pour de nombreuses institutions de microfinance et celle-ci n’est pas encore généralisée et maîtrisée par de nombreuses IMF. Ainsi, l’intégration de l’impact écologique des clients et des IMF reste un champ d’action très peu développé dans les faits par les IMF.

  1. La prise en compte des effets négatifs du changement climatique sur les clients d’institutions de microfinance

L’agriculture joue toujours un rôle prédominant dans les pays en développement. De  nombreux agriculteurs rencontrent des barrières pour se financer et se tournent donc vers les institutions de microfinance. Depuis quelques années, ces clients sont directement impactés par le changement climatique. Les institutions de microfinance ont donc un rôle à jouer dans l’accompagnement de leurs clients agriculteurs. Dans ce contexte, l’ONU à créer le programme MEBA Microfinance for Ecosystem-Based Adaptation (http://unepmeba.org) permettant aux agriculteurs d’avoir une meilleure capacité d’anticipation des conditions météorologiques et donc une meilleure gestion de leurs cultures grâce à des outils informatiques gérés par les IMF. Ce dispositif permet ainsi aux clients agriculteurs d’avoir des revenus plus stables.

  1. La promotion des « produits financiers verts » auprès des clients ainsi que des services non-financiers tels que des formations de sensibilisation ou de bonnes pratiques à adopter

Les IMF vont aussi proposer des produits verts c’est-à-dire des produits qui vont permettre : l’accès aux énergies renouvelables, à l’efficacité énergétique ou à une agriculture plus durable.

C’est notamment ce qui a été lancé par le réseau Baobab avec l’entreprise sociale Baobab+ qui propose des lampes solaires avec des solutions de financements au Sénégal, au Mali, à Madagascar et en Côte d’Ivoire. Depuis sa création plus de 150 000 foyers ont été équipés et 125 000 tonnes de CO² ont été économisés. Par ailleurs, les objectifs de Baobab+ dépassent les enjeux environnementaux. L’entreprise sociale souhaite favoriser la révolution numérique et améliorer l’éducation en Afrique.

Comme on peut le voir avec l’exemple du réseau Baobab, de part leur proximité avec des populations exclues du système financier traditionnel, les IMF peuvent être un pont entre deux mondes. Il existe donc une réelle opportunité pour celles-ci de jouer un rôle clé dans le développement durable dans des pays en développement. Encore reste-t-il à savoir si les institutions de microfinance sont prêtes à endosser ce rôle.

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One thought on “La microfinance verte, qu’est-ce que c’est ?

  1. Hugo

    Merci pour cet article très clair sur le rôle clé que peuvent jouer les IMF dans l’impact environnemental de leurs clients !

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