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Les marchés financiers de plus en plus plébiscités pour le financement de la transition écologique

Le coût élevé du financement de la transition écologique et principalement énergétique, a conduit de nombreux gouvernements à reconsidérer les marchés financiers comme un acteur clé dans la lutte contre le changement climatique. En France cela se traduit par la mise en place de l’article 173 de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte. Paris, Londres Luxembourg et même Pékin ont tous pour ambition de devenir des leaders de la finance verte. Le marché des obligations vertes est désormais en pleine croissance : 36,4 milliards de dollars d’obligations vertes en 2014 pour seulement 1,8 milliards de dollars émis en 2011 selon les données affichées par le Crédit Agricole.

L’emprunt d’Etat vert émis par la France

La France est le premier Etat à émettre des obligations vertes pour garantir les financements spécialement dédiés à des projets écologiques. Les investisseurs pourront désormais acquérir des titres, émis par l’Etat français, destinés à financer des projets qui promeuvent la transition écologique. Ce dispositif permettra à la France de confirmer « son rôle moteur dans la continuité des ambitions de l’accord de Paris sur le Climat de décembre dernier, en devenant le premier Etat au monde à émettre un emprunt d’Etat vert » affirme Ségolène Royal. La France espère lever 9 milliards d’euros d’emprunts d’Etat sur 3 ans qui seront affectés à des investissements verts, notamment dans les énergies renouvelables. Par ailleurs, pour garantir que les bons du Trésor sont bien affectés à des investissements verts, les détenteurs d’obligations d’Etat vertes recevront un rapport régulier, leur indiquant comment est utilisé leur argent. L’AFT (Agence France Trésor) travaille actuellement avec ses banques partenaires pour assurer la conception de cette nouvelle obligation d’Etat.  Selon Pascal Canfin, président du WWF (Fonds mondial pour la nature) France, la mise en place de l’emprunt d’Etat vert est « un signe de plus du leadership de la France en matière de finance verte ». Ainsi, la France pourrait affirmer son leadership dans le financement de la croissance verte à la veille de la COP 22.

Luxembourg lance la première bourse verte

La bourse de Luxembourg a lancé le Luxembourg Green Exchange (LGX), la première plateforme exclusivement ouverte aux produits « verts ». La plateforme permettra l’acquisition de titres qui encouragent et contribuent à la transition écologique, notamment la lutte contre le réchauffement climatique, le financement de projets d’énergies renouvelables, etc. La plateforme a pour ambition d’accueillir des titres de toute nature et, principalement des titres provenant de la cotation d’obligations vertes. Selon Robert Scharfe, président de la bourse de Luxembourg, « la COP21 a vraiment changé la donne. 2016 va déjà être une année record en termes de volume et le financement des efforts nécessaires pour limiter à deux degrés le réchauffement climatique entraîne une réelle volonté de changement ». La bourse de Luxembourg a décidé de lancer cette plateforme pour encourager l’investissement vert. Lancer cette plateforme encouragerait les entreprises et les banques peu présentes sur le marché des émissions vertes à se mobiliser pour le financement de la transition écologique.

Londres et Pékin ne sont pas en reste

La Chine a émis en 2015 sa première obligation verte par le biais de la Banque Agricole de Chine sur le London Stock Exchange. En 2016, la Chine se positionne comme étant le pays le plus engagé sur le marché des green bonds. Les entreprises chinoises ont émis 18 milliards de dollars d’obligations vertes, ce qui représente 41,2% du volume total émis depuis le début de l’année. La Chine est devenu le leader du marché via ses banques (Pudong Development Bank, China Industrial Bank), une initiative « guidée et encouragée par un lot de documents délivrés par le gouvernement chinois  à l’instar du Green Project Challenge qui souligne les types de projets que le comité estime correspondre au concept de vert ».

Par ailleurs, Londres est déjà considéré comme un leader mondial de la finance verte. La Grande Bretagne s’est positionnée comme la place mondiale de la finance verte et d’émission d’obligations vertes. La Grande Bretagne et la Chine ont déclaré dans un communiqué désirer mettre en commun leurs forces pour promouvoir la finance verte et effacer les barrières qui empêcheraient la croissance de ce marché.

Face aux nouvelles contraintes liées au changement climatique, le monde de la finance prend conscience des enjeux de la transition écologique et vise à devenir un acteur majeur de son financement. Pékin est le leader mondial d’émission d’obligations vertes tandis que Paris, Londres et Luxembourg mettent en place de nombreuses stratégies pour devenir la capitale de la finance verte. Aujourd’hui ce marché demeure moindre face au marché obligataire mondial de l’ordre de 100 000 milliards de dollars. Toutefois, ces dispositifs mis en place permettront certainement le financement de la transition énergétique estimé à 90 000 milliards de dollars d’ici 2030.


 

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