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Interview d’Alexiane, gagnante du Grand prix de La Finance pour tous

Le 7 juin dernier, les lauréats du « Grand prix de La Finance pour tous » ont été récompensés par Béatrice Perrot, adjointe au responsable du recrutement chez BNP Paribas, sponsor 2016 de l’évènement. Il s’agit de la deuxième édition de ce concours organisé par l’Institut pour l’Education Financière du Public (IEFP), une association d’intérêt général indépendante créée en 2006 pour favoriser et promouvoir la culture financière des Français. Ce Grand prix est destiné aux étudiants de l’enseignement supérieur qui ont réalisé les meilleures productions originales avec pour ambition de fournir au grand public une information pédagogique sur la finance et les enjeux économiques actuels. Le thème de cette année était « Donner du sens à la finance ».

La gagnante de cette année, Alexiane Lerouge, étudiante à l’Ecole supérieure de journalisme de Lille, nous raconte comment ce thème l’a inspiré.

L.C : Comment à partir du thème « Donner du sens à la finance », vous avez eu cette idée de sujet « Le CO2 et les enjeux de la taxe carbone » ?

A.L : Même si de par ma formation de journaliste je suis intéressée par tous les domaines, les sujets économiques et ceux liés à l’environnement m’attirent particulièrement. De plus, en fin d’année dernière nous avons beaucoup entendu parler de la taxe carbone dans le cadre de l’actualité sur la COP 21. Dernièrement, plusieurs reportages ont relancé le débat sur la taxe carbone au niveau européen à travers les affaires de fraude par certaines entreprises.

J’ai donc souhaité écrire sur ce sujet d’actualité car c’est une idée riche que d’utiliser des incitations monétaires pour faire évoluer les comportements et lutter contre le réchauffement climatique. Ce n’est cependant pas aussi évident qu’il n’y parait. Les leviers financiers en place comme la taxe carbone et le marché européen des quotas sont encore à l’état de projets, plus ou moins avancés selon les pays. Au niveau européen, le système ne marche pas encore très bien. La question de la fixation d’un prix du carbone au niveau mondial est une problématique toujours au cœur des débats d’autant plus qu’au bout du compte la COP21 n’a pas apporté de solution concrète sur cette question. Au niveau français quelques volontés ont été exprimées. Pour l’instant les incitations financières sont encore largement insuffisantes.

Cette vidéo a pour ambition de montrer à quel point la problématique du carbone est compliquée surtout au niveau européen et mondial.

L.C : Pouvez-vous nous expliquer plus en détail pourquoi les mécanismes que vous avez cités ne fonctionnent pas de manière optimale ?

A.L : Ce sont des systèmes qui existent déjà et qui sont mis en place mais qui comportent de nombreuses failles. Par exemple, sur le marché européen des quotas (SCEQE : Système Communautaire d’Echange des Quotas d’Emission), la tonne de CO2 coûte moins de 10€. Ce prix est trop faible pour inciter les agents économiques à changer de comportement. De plus, on constate un gros dysfonctionnement du système dans le sens où émettre du CO2 peut même être rentable pour certaines entreprises européennes. En effet, les besoins en permis à polluer ont été surestimé pour beaucoup d’entreprises tout secteur industriel confondu, permettant ainsi à leur détenteur de les revendre sur le marché des quotas. Par exemple, l’un des leaders mondiaux du ciment, Lafarge, a reçu en 2014, une immense quantité de quotas pour l’ensemble de ses usines en Europe dont certaines sont même à l’arrêt. Ce montant lui a permis d’encaisser plus de 11 millions d’euros. Ainsi, de par ces nombreux acteurs qui profitent du système, cette initiative a un effet contradictoire à celui escompté et montre qu’il reste du chemin à parcourir avant d’aboutir à des solutions efficaces pour limiter les émissions de carbone.

L.C : Qu’attendez-vous de la COP22 qui a lieu en novembre prochain au Maroc ? Pensez-vous qu’un prix mondial du carbone pourra être fixé lors de cette rencontre ?

A.L : A mon sens, il est clair que le prix mondial du carbone est LE problème majeur à résoudre pour réduire les émissions de carbone au niveau mondial et ainsi protéger l’environnement. Je pense qu’il n’y a pas de sujet plus important et plus compliqué aujourd’hui dans la lutte contre la pollution au niveau mondial. J’espère vivement que les négociations aboutiront à des solutions concrètes.

L.C : Qu’avez-vous pensé des productions des autres lauréats du concours ?

A.L : J’ai vraiment beaucoup aimé la vidéo « Achille talent » de la seconde lauréate, Anaïs Bénéthuilière, car elle présente de façon très esthétique, pédagogique et ludique le crowdfunding. Le binôme des troisièmes lauréats m’a aussi beaucoup impressionnée car il s’agit d’une étudiante en école d’art et d’un étudiant en droit qui n’ont donc pas de formation en journalisme, montage vidéo ou encore en économie et leur vidéo sur le micro-crédit est très réussie.

Ainsi, il est rassurant de constater que les jeunes qui composent la génération de demain s’impliquent dans la transition vers une économie plus responsable et solidaire notamment à travers les problématiques environnementales.


Pour en savoir plus, retrouvez :

  • Notre article sur la 2ème édition du « Grand prix de la Finance pour tous »
  • Le site de la Finance pour tous
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