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Interview de la Fédération des Coopératives Maraîchères du Niger (FCMN)

Epargne solidaire | 03/11/2016

Novafi participe à la semaine de la finance solidaire, en partenariat avec Finansol pour vous éclairer sur l’usage des fonds alloués à l’épargne solidaire. Nous publions chaque jour l’interview d’un bénéficiaire – entrepreneurs, porteurs de projet, entreprise de l’économie sociale ou solidaire – ou d’un acteur de la finance solidaire, situé en France ou dans les pays en développement.

Aujourd’hui nous allons à la rencontre de la Fédération des Coopératives Maraîchères du Niger (FCMN) qui a bénéficié du soutien de la SIDI (Solidarité Internationale pour le Développement et l’Investissement). Découvrons comment l’épargne solidaire a contribué à la réalisation d’un tel projet, dans un pays en voie de développement.

1)     Pouvez-vous nous décrire vos activités ?

La Fédération des Coopératives Maraîchères du Niger (FCMN) est une organisation paysanne faîtière qui regroupe plus de 800 coopératives. Elle a pour mission de soutenir l’émergence d’exploitations familiales durables et capables d’améliorer les conditions de vie des petits producteurs. La FCMN fournit à ses membres des services marchands et non marchands qui permettent de renforcer les capacités fonctionnelles des exploitations. La fédération approvisionne ainsi ses membres en intrants (semences, engrais, produits phytosanitaires), les conseille et les forme, facilite leur accès au marché grâce à des initiatives de mise en marché collective et l’offre d’infrastructures de stockage communes. Elle veille aussi à leur assurer un accès au financement, en leur faisant des prêts grâce aux crédits qu’elle arrive à négocier auprès des banques de la place et accompagne les structures les plus solides dans le montage de leurs demandes de crédit directement formulées auprès d’acteurs financiers. La FCMN contribue aussi au développement d’un fort plaidoyer pour garantir l’accès à l’eau et à la terre, tant au niveau national qu’international.

2)     Quels sont les objectifs sociaux et environnementaux de votre organisation ?

Nous nous engageons pour contribuer à la création d’emplois en milieu urbain et surtout rural, au renforcement de l’accès des femmes et des jeunes à la terre et à leur intégration au sein des instances des coopératives. Du point de vue environnemental, nous encourageons la diffusion de pratiques agro-écologiques telles que : la production et la commercialisation de compost, l’utilisation de pesticides élaborés à partir de produits naturels ou encore l’utilisation de haies-vives… Tout ceci afin de renforcer la résilience de nos membres au changement climatique, en soutenant l’adaptation des pratiques culturales.

3)     Qu’est-ce qu’a changé le partenariat créé avec la SIDI pour votre activité ?

Le partenariat noué avec la SIDI depuis 2013, nous a permis de bénéficier d’un appui financier pour certaines filières maraîchères (pomme de terre, oignon et sésame). Les prêts de la SIDI nous permettent d’acheter des semences et autres intrants (préfinancement de la production), mais aussi de pourvoir à la conservation et à la vente différée des productions commerciales grâce à des systèmes de warrantage. Ces prêts aux taux d’intérêts plus faibles, représentent une moindre charge financière pour la Fédération et ses membres. De plus la mise à disposition des fonds s’inscrit parfaitement dans les calendriers culturaux de ces filières pour une efficacité renforcée (rendements agronomique et économique optimisés) et notamment une mise en marché opportune.

La SIDI nous accompagne aussi dans le développement de nouveaux projets comme : la création d’une maison de semences de l’oignon, qui amènera la Fédération et certains de ses membres à être autonomes sur toute la chaine de valeur de cette filière (depuis l’achat des semences dans son réseau jusqu’à la distribution et la vente de ses mêmes semences).

4)     Plus généralement, comment les populations nigériennes ont-elles été impactées par ce partenariat ?

La FCMN accompagne ses membres dans des opérations de vente différée de l’oignon, de la pomme de terre et du sésame compte tenu que la forte disponibilité de ses productions à la récolte a un impact dépressif sur les prix proposés par les acheteurs… A titre illustratif, le sac d’oignon vendu entre 8 000 et 12 000 Francs à la récolte peut se vendre entre 30 000 et 50 000 Francs après 4 mois de conservation, ce qui constitue un gain substantiel pour le producteur et sa famille.

5)     Comment décririez-vous votre relation avec la SIDI ? Est-ce différent d’un partenaire classique ? Pourquoi ?

La SIDI se démarque surtout par sa souplesse et sa réactivité. En effet, la SIDI se différencie d’autres acteurs notamment par la souplesse dont elle fait preuve dans les conditions d’accès au crédit : elle n’exige pas d’apporter de garanties financières et matérielles qui ne sont pas toujours facilement mobilisables pour des organisations paysannes en train de construire leur dynamique économique. La SIDI fait de plus en sorte d’adapter ses décaissements au calendrier de nos activités culturales, ce qui est rarement le cas avec d’autres institutions financières. Enfin la SIDI pratique des taux inférieurs aux institutions classiques ; avec la SIDI les producteurs peuvent bénéficier d’un taux annuel de 9.5% quand le reste des institutions financières (banques commerciales, systèmes financiers décentralisés…) pratiquent des taux allant de 12 à 22%.

6)     Si vous aviez devant vous un actionnaire de la SIDI, qui ne demande pas de rendement financier, que lui diriez-vous ?

Nous valorisons le fait que ces actionnaires considèrent que le rendement financier seul ne suffit pas à apprécier la pertinence d’une action. Dans le cadre même de notre partenariat avec la SIDI, le retour social sur investissement est extrêmement important et ce à chaque niveau d’intermédiation. Nos membres ont désormais accès à certains services essentiels, voient les revenus et conditions de vie des ménages bénéficiaires s’améliorer, tout ceci grâce aux prêts de la SIDI.


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