Retour

Les green bonds : la France à l’avant-garde

Devant les nouvelles contraintes liées au développement durable, le secteur de la finance s’adapte progressivement et génère des innovations en phase avec la transition énergétique. L’un des produits issus de cette prise de conscience environnementale du secteur financier est le « green bond » ou « obligation verte ». Or la France est fière de se présenter comme un acteur majeur du marché des Green bonds. Et pour cause, la loi « transition pour la croissance verte » prévoit d’obliger les personnes gérant l’épargne des citoyens de mesurer et de réduire les risques liés au changement climatique. Cette loi contraindra de fait les gestionnaires d’épargne à souscrire aux obligations vertes et ainsi soutenir la croissance de ce marché en plein boom. Novafi vous explique donc les tenants et les aboutissants des Green bonds.

Définition d’un green bond

Le principe d’un Green bond est qu’une entreprise, une association ou une organisation internationale émet une obligation sur les marchés financiers afin de financer un projet ou une activité à bénéfice environnemental. Concrètement, ces produits séduisent les investisseurs désirant conjuguer rendement financier et impact environnemental positif. En effet, les Green bonds présentent l’avantage d’avoir le même système de prix que les obligations conventionnelles, le même système de remboursement et le même profil de risque. La véritable différence réside dans le rendement écologique généré en plus par les obligations vertes.

En France, c’est une multitude d’acteurs qui ont eu recours aux Green bonds puisque des collectivités locales (Ile-de-France, Nord Pas-de-Calais), agences publiques (AFD) et des entreprises (Engie) ont émis des Green bonds.

Le marché des Green bonds

A l’échelle mondiale, le marché des obligations vertes a fortement progressé puisqu’il est passé de quelques centaines de millions d’euros en 2007 à 35,6 milliards d’euros en 2015. Ce marché a donc connu une croissance annuelle d’environ 50% en moyenne. Selon la Climate Bonds initiative, ce sont plus de 705 Green bonds qui furent émis depuis 2007. Parmi les émetteurs de ces obligations vertes, on retrouve des acteurs très différents puisqu’on retrouve aussi bien des banques d’investissement (Crédit Agricole CIB, Morgan Stanley), des institutions internationales (Banque mondiale, IFC) et des collectivités locales (Ville de Los Angeles) ou des Universités (University of Virginia, Arizona State University).

La France des Green bonds

Fidèle à son statut d’organisatrice de la COP21, la France est en très bonne position en ce qui concerne les obligations vertes. En effet, elle se positionne 2e derrière les Etats-Unis sur le marché mondial des Green bonds. Et la France assure cette position flatteuse en innovant : elle sera le premier pays à émettre des green bonds souverains, c’est-à-dire, émis par l’Etat. Cette initiative n’est pas sans importance dans la mesure où la majeure partie des investissements nécessaires pour limiter le réchauffement climatique à 2 degrés, est liée aux infrastructures. Ces infrastructures englobent les secteurs de la mobilité propre, de l’isolation des bâtiments ou bien les smart grid energy. Elles représentent des projets de long terme mobilisant une partie de fonds publics. Or, il manquerait aujourd’hui entre 10 et 15 milliards d’euros d’investissements publics et privés pour que la France soit dans une trajectoire compatible avec ses engagements. Par conséquent, l’initiative des Green bonds souverains est une décision sensée et potentiellement décisive puisque les effets de leviers de tels instruments sont gigantesques : 1 euro public peut générer 2 à 3 euros d’investissements privés.

La France doit donc poursuivre dans la lancée de ses annonces et les mettre en œuvre, car elle n’est pas la seule à saisir l’immense potentiel des Green bonds. Le Royaume Uni et la City, la Chine premier pays émetteur d’obligations vertes depuis 2016, ont également l’ambition de tenir un rôle majeur sur ce marché qui pourrait bien à l’avenir représenter un segment important des marchés financiers mondiaux.  


Pour en savoir plus, retrouvez :

Share on FacebookShare on Google+Share on LinkedInTweet about this on Twitter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.