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G20 2017 : un nouvel élan pour l’entrepreneuriat féminin ?

C’est à l’occasion de l’édition 2017 du G20, ayant eu lieu à Hambourg, que La Banque Mondiale a dévoilé son nouveau fonds d’investissement, « We-Fi ». En partenariat avec les Etats-Unis et l’Allemagne, ce fonds a pour but de promouvoir et de lever les contraintes qui pèsent sur l’entrepreneuriat féminin dans les pays en développement.  

We-Fi : l’avenir des femmes entrepreneurs ?

Permettre aux femmes entrepreneurs d’accéder à des moyens de financement et faciliter leur démarche de création d’activité, voilà le cœur de cible de cette nouvelle initiative We-Fi : The Women Entrepreneurs Finance Initiative. Comment ? En mobilisant de nombreux acteurs mondiaux, aussi bien institutionnels, que privés, l’objectif est de lever des fonds pour permettre aux femmes des pays en développement d’accéder au marché du crédit tout en ayant un accompagnement personnel, l’accès à un réseau et à un marché potentiel. L’initiative espère atteindre la somme de 325 millions de dollars grâce à des donateurs privés en plus d’1 milliard de dollars collecté grâce aux institutions financières et internationales.

A court terme, l’objectif de cette initiative est d’aider les femmes entrepreneurs à bâtir leurs entreprises dans les pays en développement. Cependant, à long terme cette initiative se veut vecteur de croissance inclusive dans ces pays : il s’agit de faire évoluer l’environnement global des affaires pour les PME détenues ou dirigées par des femmes dans les pays en développement. Selon Justin Trudeau, Premier Ministre Canadien, « Cet important investissement aidera les femmes des pays en développement à créer des emplois, bâtir des économies qui fonctionnent pour tous et qui aient une chance réelle de réussir. » (Source : Un nouveau dispositif de financement du Groupe de la Banque Mondiale pour mobiliser plus de 1 milliard de dollars en faveur des femmes entrepreneurs, La Banque Mondiale).

Concrètement, qui participera à cette initiative ? Impulsée par l’action d’Ivanka Trump, Donald Trump et Angela Merkel, c’est la Banque Mondiale, sous la direction de Jim Yong Kim, qui s’est vue confier la tâche de faire prospérer cette initiative. Ce fonds d’intermédiation financière est donc administré par la Banque Mondiale, qui joue aussi le rôle de secrétaire et de partenaire d’exécution du fonds, accompagnée de l’ICF (International Finance Corporation). De nombreux pays seront impliqués dans cette nouvelle initiative : l’Allemagne, l’Arabie Saoudite, l’Australie, le Canada, la Chine, la Corée du Sud, le Danemark, les Emirats arabes unis, les Etats-Unis, le Japon, la Norvège, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. L’ensemble de ces partenaires est un signe fort pour l’évolution de la condition des femmes dans le monde : selon Jim Yong Kim, « La rapidité avec laquelle la communauté internationale s’est mobilisée en faveur de cette nouvelle initiative est tout à fait remarquable : le résultat obtenu a dépassé nos objectifs de près de 100 millions de dollars » (Source : Un nouveau dispositif de financement du Groupe de la Banque Mondiale pour mobiliser plus de 1 milliard de dollars en faveur des femmes entrepreneurs, La Banque Mondiale).

Une nouvelle initiative qui suit un processus de longue date

Fort de son expérience dans le domaine, La Banque Mondiale semble être la mieux placée pour porter et faire évoluer ce nouveau projet d’envergure. Elle a en effet un pied bien ancré dans l’entrepreneuriat féminin depuis de nombreuses années déjà. Filiale de La Banque Mondiale, l’International Finance Corporation (IFC) a en effet mis en place un programme similaire en 2008 en partenariat avec la Banque d’affaire Goldman Sachs : le dispositif Women Entrepreneurs Opportunity Facility.

Aussi connue sous le nom 10,000 Women, le principe de cette initiative est de mettre en place des formations de type commerciales, managériales, de permettre à des femmes entrepreneurs d’accéder à des ressources variées tel que le capital, le réseau ou encore un mentor. Ce dispositif a été financé à hauteur de 1 milliard de dollars par l’IFC et 32 millions de dollars par la banque d’affaire Goldman Sachs.

Aujourd’hui, son envergure et ses résultats sont très encourageants pour l’émancipation des femmes dans les pays en développement. Depuis sa création en 2008, le dispositif a rayonné sur près de 10000 femmes entrepreneurs, dans plus de 56 pays émergents (Source : Goldman Sachs, 10000 Women ; http://www.goldmansachs.com/citizenship/10000women/index.html#). Cette action s’est aussi poursuivie en 2014 par la création du premier dispositif de prêts aux SME/PME dirigées par des femmes dans les pays en développement, Goldman Sachs et l’IFC avaient d’ailleurs pour but de toucher plus de 100000 femmes grâce à ce dispositif. C’est en bonne voie : en 2016, deux ans après sa mise en place, 600 millions de $ avaient été investis auprès de 30000 femmes dans plus de 17 pays différents (Source : Goldman Sachs, 10000 Women ; http://www.goldmansachs.com/citizenship/10000women/index.html#).

Cependant, même si de nombreux efforts ont d’ores-et-déjà été effectués par les institutions internationales, l’initiative We-Fi apporte une dimension nouvelle à l’émancipation des femmes dans les pays en développement : auparavant, aucun fonds de cette ampleur n’avait eu comme seul objectif d’agir pour l’émancipation des femmes dans l’entrepreneuriat des pays en développement. « Le présent dispositif se distingue des initiatives actuelles en ce qu’il représente une plateforme permettant de mettre en cohérence des réformes nationales et des investissements privés, de s’appuyer sur ce qui marche pour appliquer les leçons de l’expérience en matière de démarrage et de promotion d’entreprises détenues ou dirigées par des femmes, de rassembler des données clés auprès des secteurs publics et privés sur les femmes entrepreneurs et leurs entreprises et de soutenir l’innovation et l‘apprentissage pour obtenir des résultats sur une grande échelle. » (Source : Un nouveau dispositif de financement du Groupe de la Banque Mondiale pour mobiliser plus de 1 milliard de dollars en faveur des femmes entrepreneurs, La Banque Mondiale).

L’entrepreneuriat féminin : de grandes avancées réalisées, mais encore un long chemin à parcourir

La participation des femmes à l’économie des pays en développement est un facteur de croissance important et nécessaire à tous les pays en développement. Selon Shinzo Abe, premier ministre japonais, « La participation active des femmes au sein des sociétés est l’un des axes de l’abenomics. La démarginalisation des femmes et leur rôle directeur contribueront à la diversification et à la redynamisation des organisations et des sociétés. Ce dispositif incarne cette conviction au sein des pays en développement ; il est porteur de l’avènement d’une société dans laquelle la femme est promise au succès. » (Source : Un nouveau dispositif de financement du Groupe de la Banque Mondiale pour mobiliser plus de 1 milliard de dollars en faveur des femmes entrepreneurs, La Banque Mondiale). Ainsi, l’action de la communauté internationale apparaît comme primordiale à ce développement, mais est-ce suffisant ?

Pour faire face à cet enjeu majeur, il est indéniable que l’émancipation des femmes au niveau entrepreneurial nécessite l’action d’institutions mondiales telle que la Banque Mondiale pour faciliter l’accès aux ressources financières mais aussi éducatives. Cependant, il reste encore un long chemin à parcourir. En effet, à terme, des réformes structurelles doivent aussi appuyer ces initiatives et être mises en place pour changer le fonctionnement même des pays en développement et ainsi traiter le problème à la racine : permettre à toute la population, aussi bien féminine que rurale, d’accéder à l’éducation ainsi qu’à des ressources financières en développant par exemple le microcrédit.

Malgré l’action de la communauté internationale, aujourd’hui, « 70% des petites et moyennes entreprises (PME) féminines dans les pays en développement sont soit exclues du système financier formel, soit dans l’impossibilité de bénéficier de services financiers adaptés à leurs besoins. D’où un déficit de crédit en faveur des PME dirigées par des femmes de 300 milliards de dollars par an. » (Source : Initiative de financement en faveur des femmes entrepreneurs, La Banque Mondiale).

Même si les pays en développement nécessitent des réformes en profondeur de type structurelles, les initiatives de la communauté internationale impulsent un nouvel élan pour préparer la société à ces réformes. Grâce aux formations dispensées aux femmes entrepreneuses, des cercles vertueux s’installent : 90% des femmes ayant suivi la formation de l’initiative 10,000 Women (Banque d’affaire Goldman Sachs et IFC) ont ainsi pu l’enseigner par la suite à des femmes dans les communautés de leurs pays d’origine.

L’entrepreneuriat féminin dans les pays en développement est donc une réelle problématique aujourd’hui dans le monde pour permettre une croissance inclusive de la société : tout le monde doit devenir acteur de la société.


Novafi s’efforce aussi de promouvoir l’émancipation des femmes, retrouvez dans ce contexte l’intervention de Grégoire Colombet sur BFM Business, associé chez Novafi, en ce qui concerne la place de l’entrepreneuriat féminin dans la finance solidaire. Pour aller plus loin, associez crowdfunding et entrepreneuriat féminin via les plateformes Myannona ou Babyloan :

http://novafi.fr/plateformes-de-financement-participatif/?section=188&reward=&searchfor=both

et nos précédents articles sur l’entrepreneuriat féminin :

L’entrepreneuriat féminin, un levier de développement25/08/2016

Mixité : Interview d’Amazone Euro Fund25/04/2016

Biilink lance deux nouvelles plateformes de crowdfunding20/04/2016

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