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En savoir plus sur le crowdlending

La start-up californienne Skully a déposé le 5 août 2016 le bilan, deux ans après avoir levé plus de deux millions de dollars auprès d’investisseurs sur la plateforme de financement participatif Indiegogo. La start-up de la Silicon Valley avait mis au point un casque de moto comprenant un GPS, un module de reconnaissance vocale, une connexion Bluetooth et un afficheur tête haute permettant au motard de voir derrière lui. La start-up a donc annoncé  en août ne pas être en mesure de livrer le produit à ses investisseurs, qui ne reverront donc pas leur argent. Ce cas, comme tant d’autres, animent  une certaine réticence et un questionnement  perpétuel vis-à-vis du crowdlending auprès des épargnants. Est-il judicieux d’épargner dans une entreprise, par le biais de plateformes digitales, tout en sachant qu’on n’a pas de garantie de succès du projet ? Pourquoi devrais-je utiliser le crowdlending plutôt qu’un placement traditionnel ?

Qu’est-ce que le crowdlending ?

Le crowdlending, avec le financement participatif en don et le crowdequity, constitue une des trois grandes familles du crowdfunding.

Nicolas Lesur, fondateur d’Unilend décrit le crowdlending comme « un produit d’investissement ou d’épargne dans lequel toute personne majeure peut choisir la société qu’elle souhaite soutenir, le montant qu’elle accepte de lui avancer et le taux auquel elle veut être rémunéré». En effet, le crowdlending ou « crédit par la foule », autorisé en France depuis le 1er octobre 2014, est une forme de financement participatif qui permet à des particuliers de prêter de l’argent, en contrepartie de taux d’intérêts, afin de soutenir des projets par le biais de plateformes digitales. La forme la plus répandue est le prêt aux PME/TPE. Il existe différentes formes de crowdlending : le crédit, la souscription d’obligation et à partir du 1er octobre les minibons. Le prêt peut se faire sans intérêts, il s’agit du prêt solidaire ou prêt à taux 0. Ainsi, le crowdlending  permet aux investisseurs de donner du sens à leur argent car ils investissent dans des projets qu’ils choisissent ; ils savent où va leur argent et à quoi il va servir. Toutefois, la réglementation du 1er octobre 2014 limite le montant de l’investissement d’un particulier à 1000 euros – qui devrait être relevé à 2000 euros – pour une durée maximale de 7 ans.

L’Etat a déposé en 2015 auprès de l’Inpi le label « plateforme de financement participatif régulée par les autorités françaises » qui a pour but d’aider les épargnants à se retrouver parmi les nombreuses plateformes qui existent. Ce label est destiné aux Intermédiaires en financement participatif (IFP) et aux Conseillers en Investissement Participatif (CIP), ainsi qu’aux prestataires des services d’investissement (PSI) agréées par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). Seules les plateformes de crowdfunding avec le statut d’IFP pour les sites de prêt et de CIP pour les investissements obligataires, immatriculées auprès de l’Orias – Registre des intermédiaires en assurance, banque et finance –  sont habilitées à proposer des solutions d’emprunt auprès du public.

Quels sont les avantages du crowdlending ?

En 2015, 27 plateformes françaises de crowdlending ont permis de prêter 196,3 millions d’euros selon l’association Financement Participatif France. En 2014, le montant collecté était de 88,4 millions d’euros; il a donc augmenté de 122% en un an. Qu’est-ce qui explique tant d’engouement pour le prêt par le biais de plateformes digitales ?

Tout d’abord, le crowdlending est pour les porteurs de projets un moyen de trouver un financement rapidement. En effet, le prêt bancaire classique n’est pas accessible à tous les porteurs de projets, soit parce que le montant demandé est insuffisant pour faire objet d’un prêt traditionnel, soit parce qu’ils font face au refus des banquiers qui souvent, trouvent le financement de start-ups risqué. Le crowdlending leur permet alors de se tourner vers le public et d’espérer trouver le financement auprès d’épargnants qui sont convaincus par leur projet. Par ailleurs de plus en plus de particuliers font appel au crowdlending pour développer leur commerce comme avec Babyloan, avoir l’opportunité de payer leurs études avec Studylink, etc.

Par ailleurs le fort taux de rendement rend le crowdlending attractif aux yeux des épargnants. Valéry Giard, co-fondateur de Prexem, explique que « le crowdlending permet de dégager une rentabilité de 5 à 10% brut par an et par opération. Ce qui place cette nouvelle classe d’actifs, en termes de couple rendement/risque, entre le haut du panier des assurances vie et les marchés actions ». En effet, plus la durée de l’emprunt est longue et le risque grand, meilleur est le rendement, ce qui fait que dans certaines plateformes comme Bolden les rendements peuvent aller jusqu’à 12%.

Quels sont les risques ?

Le crowdlending permet d’espérer un rendement de 5% et plus, mais celui-ci présente quand même des risques, malgré les réglementations mises en place. Le risque principal est la défaillance de l’entreprise à l’origine du crédit. En effet, l’épargnant n’est jamais assuré de la réussite du projet. Lorsque l’emprunteur fait faillite et n’arrive donc pas à rembourser le prêt souscrit, les épargnants perdent leur capital investi dans la compagnie. Selon la Banque de France, les défaillances d’entreprises s’affichent à environ 1% pour les petites entreprises et 0,8% pour les TPE. Ainsi, pour rassurer les épargnants et encourager l’investissement dans les plateformes de crowdlending, certaines plateformes ont mis en place des fonds de protection ou système d’assurance. Il s’agit par exemple du fonds de protection Prexem qui a pour but de compenser tout ou partie des éventuelles pertes en capital dans le cas d’un défaut de l’emprunteur. Aussi, Finsquare rachetée par Lendix en 2016, propose une assurance emprunteur qui permet à l’épargnant de récupérer une partie de sa mise en cas de décès, de perte d’autonomie de l’entrepreneur ou encore de redressement ou liquidation judiciaire. Cependant, ces initiatives ne remboursent pas le capital investi par l’épargnant à 100%.

Pour espérer sécuriser son retour sur investissement, il est plutôt conseillé de diversifier les projets dans lesquels vous investissez que ce soit pour financer une activité d’entreprise ou un projet immobilier et de préférer les plateformes qui ont une politique de sélection de projets rigoureuse. Ceci vous permettra de réduire le risque de perte de capital encouru.


Sur Novafi vous pouvez retrouver l’ensemble des plateformes de crowdlending et leur fiche produit.

Accédez directement à toutes les plateformes de prêt avec intérêt en cliquant ici

Accédez directement à toutes les  plateformes de prêt sans intérêt en cliquant ici

 

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