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Mieux comprendre l’économie circulaire

Depuis la révolution industrielle, le modèle économique global s’est fondé sur un schéma dit  linéaire : on extrait des matières premières pour fabriquer des produits (téléphones portables, machines à laver, réfrigérateurs…) qu’on jette lorsqu’ils sont usagés. On assiste ainsi à une hausse très importante du prélèvement de ressources, limitées, et à une production non négligeable de déchets toxiques. Ce modèle de développement économique, bien qu’il ait contribué à l’accélération du progrès économique et surtout technologique, a aujourd’hui atteint ses limites. En effet, le monde fait face à de nombreux défis environnementaux, démographiques (augmentation de la population mondiale de 43% entre 2012 et 2100), économiques et sociaux qui remettent en cause ce modèle traditionnel. Les prélèvements de ressources naturelles dépassent largement la capacité de la Terre à régénérer les ressources renouvelables, fournir les ressources non renouvelables, et absorber les déchets. Ainsi, en 2016, l’humanité vit à crédit depuis le 8 août selon le Global Footprint Network, l’ONG américaine créatrice du concept d’empreinte écologique. Ceci signifie que l’ensemble des ressources renouvelables de cette année ont été totalement puisées à cette date. Il n’est donc pas possible d’appréhender un futur sur le modèle de l’économie linéaire, ce qui a conduit à l’émergence d’un nouveau modèle économique durable : l’économie circulaire.

Qu’est-ce que l’économie circulaire ?

L’économie circulaire vient rompre avec le modèle économique dit linéaire qui conduisait à une consommation conséquente de matériaux et d’énergie peu chers et accessibles. L’économie circulaire a pour but de limiter le gaspillage des ressources et l’impact environnemental de leur exploitation. Ce modèle économique est donc axé sur une absence de déchets et une augmentation de l’intensité de l’utilisation des ressources. Cette nouvelle forme d’économie permet une création de valeur positive sur un plan économique, social et environnemental tout au long de la chaîne de production et de consommation. Pour se faire, les principaux acteurs de l’économie s’intéressent aux nouveaux modes de conception, de production, de consommation; ils favorisent le prolongement de la durée d’usage du produit, la réutilisation et le recyclage des composants et enfin recommandent d’adopter l’usage plutôt que la possession du bien.

Cela suppose pour les entreprises la mise en place d’une stratégie de développement économique différente de celle de l’économie linéaire. Il existe différents domaines d’action de l’économie circulaire et d’après l’étude réalisée par Accenture, cinq principaux leviers de l’économie circulaire sont à la disposition des entreprises pour être rentables :

  • Logistique d’approvisionnement circulaire : lorsque la compagnie a besoin de ressources rares elle peut payer plus pour se la procurer ou si l’exploitation est jugée nocive pour l’environnement, elle peut essayer de trouver des ressources pouvant remplacer la ressource initiale.
  • Utilisation des déchets : tous les produits considérés comme déchets vont être utilisés de manière optimale selon leur usure. Pour exemple, la compagnie Procter & Gamble annonçait en 2013 que 45 de ses sites avaient atteint l’objectif « zéro déchet » de fabrication allant en site d’enfouissement, ce qui signifie que dans ces sites tous les déchets sont recyclés, réutilisés, ou transformés en énergie.
  • Extension de la vie des produits : il s’agit ici de récupérer des produits dont les consommateurs veulent se débarrasser et s’en servir aussi longtemps que possible. Pour exemple, Dell a un programme de recyclage qui permet aux consommateurs de se débarrasser de leurs anciens ordinateurs, tout en favorisant l’écologie.
  • Utilisation partagée des biens : grâce aux nouvelles technologies il est désormais plus facile de mettre en relation les consommateurs et de favoriser l’échange. Ainsi, un particulier possédant un produit qu’il utilise rarement peut le louer, le partager, l’échanger ou le prêter à d’autres consommateurs. Il s’agit par exemple de la plateforme, la machine du voisin, qui permet aux particuliers de partager leurs machines à laver.
  • Produit conçu comme service : il s’agit d’un modèle de production , de distribution et de consommation de services qui repose sur le passage de la vente d’un bien à la vente de son usage. Il s’agit par exemple, du modèle autolib où on ne vous vend plus la voiture mais l’usage de la voiture ou acheter une machine à laver et au bout de x années avoir la possibilité de le retourner chez le fabricant, afin qu’il puisse réutiliser les composants, pour en prendre une nouvelle.

Les bénéfices de l’économie circulaire

L’économie circulaire offre un mode de développement alternatif et des avantages que les entreprises se sont mises à explorer. Elle a un impact social, économique et environnemental positif.  

L’économie circulaire permettrait une économie nette minimale de 380 milliards de dollars par an en matières premières en Europe en plus de la création de valeur positive (consommation relocalisée, soutien à une activité industrielle et agricole sur le territoire, développement de nouvelles filières dédiées à la réparation, au réemploi et au recyclage). L’économie circulaire permet alors de construire des équilibres durables et de mettre en place des solutions adaptées aux ressources et aux besoins locaux. Aussi, elle contribue à réduire l’impact environnemental des activités humaines et contribue à l’essor du secteur de l’énergie renouvelable ainsi que celui du recyclage. Elle a aussi contribué à la création de nouveaux emplois. Le volume d’emploi concerné est estimé à environ 800.000 emplois, et risque d’augmenter de manière exponentielle avec l’essor du modèle.

Enfin, Jan Rotmans, fondateur de l’institut de recherche DRIFT, expliquait que chaque dollar investi dans l’économie circulaire rapporte 3 dollars et à cela on ajoute l’apport en termes d’innovation, d’emploi et structure de l’économie ; alors que chaque dollar investi dans la vieille économie coûte 2 dollars à la société. Aussi, les études réalisées par Accenture estiment à 4000 milliards d’euros la valeur ajoutée de l’économie circulaire d’ici 2030.  L’économie circulaire comporte alors de nombreux avantages, non négligeables, qui devraient pousser les entreprises, les consommateurs et les gouvernements à encourager son adoption.

Ainsi, la transition vers une économie circulaire serait l’opportunité d’amorcer une organisation durable de la production et de la consommation. La relation entre marchés, consommateurs et ressources naturelles est très importante dans cette forme d’économie car, l’économie circulaire ne peut fonctionner sans la jonction de ces trois éléments. Grâce à l’essor des nouvelles technologies comme le mobile, le cloud computing, les réseaux sociaux, l’imprimante 3D, il est désormais possible de mettre fin au « gaspillage » et reconnaître que toute chose a une valeur, même après son utilisation. C’est alors pour les compagnies une grande opportunité de créer un « avantage circulaire ». En ce sens, de nombreuses start-ups et leaders de l’industrie mondiale ont déjà commencé à bénéficier de ces opportunités offertes par l’économie circulaire.

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