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Qu’est-ce qu’une banque éthique ?

Epargne solidaire | 14/01/2016

Comment définir une banque éthique ou alternative ? Ce type de banques et les services qu’elles proposent, sont encore trop méconnus en France. Dans l’esprit des épargnants, le terme « éthique » est souvent confondu  avec « coopérative ». Or, en réalité, ces deux termes ne sont pas synonymes : une banque éthique est généralement coopérative, pour autant les banques coopératives ne sont pas nécessairement éthiques. Pour preuve, trois des plus grandes banques françaises sont des banques coopératives, elles n’ont pourtant pas toutes échappé aux dérives spéculatives de la finance.

Une définition de banque éthique

Une banque éthique est définie par la FEBEA (Fédération Européenne de Finances et Banques Ethique et Alternatives) comme

« une banque qui œuvre pour le bien commun et qui assure le droit au crédit à travers une activité bancaire consistant à récolter des fonds et à les réaffecter sous forme de crédits, à des projets culturels, sociaux et environnementaux ».

En d’autres termes, une banque dite éthique se recentre sur l’activité première d’une banque (la collecte de dépôts et l’offre de crédits) tout en soutenant l’inclusion sociale, le développement durable, le développement de l’économie sociale et solidaire ainsi que l’entreprenariat social.

Elles ont par ailleurs une mission de sensibilisation du public sur le rôle de l’argent et d’information sur les dysfonctionnements de l’économie basée sur le court terme et le profit pour seul objectif.  Une banque éthique met l’activité au service de l’être humain et dans cette optique, la recherche exclusive du profit ne peut être son objectif principal.

Quelles actions éthiques pour une banque alternative ?

Concrètement, l’action des banques alternatives se matérialise de différentes façons. Elles peuvent permettre à leurs clients de reverser directement une partie de leurs intérêts à des ONG qui défendent la protection de l’environnement ou le respect des droits de l’homme. Elles autorisent parfois également les épargnants à choisir précisément quels projets leur argent va financer. Elles génèrent et mettent en place des innovations financières, comme une « taxe Tobin[1] » maison, c’est-à-dire une contribution volontaire sur les transactions de change : 0,01% du montant de chaque opération est prélevé pour être reversé ensuite à des acteurs du développement international.

Cette taxe, mise en place par le Crédit Coopératif en 2011, a produit 230 000 euros. Cet argent a permis de financer des projets d’énergies renouvelables, d’habitat passif et d’économie d’énergie en Inde, au Maroc ou au Mali. Enfin, les banques alternatives mettent en place des politiques visant à favoriser l’accès au crédit aux personnes négligées par les banques traditionnelles, comme les travailleurs pauvres entre autres. En effet, une banque éthique ne considère pas exclusivement les garanties réelles, mais elle sait également valoriser les garanties personnelles et/ou sociales fournies par les réseaux territoriaux de la zone où le financement est réalisé.

Quelles banques éthiques en France en 2016 ?

Elles sont encore très minoritaires puisque la France ne compte que deux banques considérées comme éthiques à proprement parlé : la Nef et le Crédit Coopératif. Cependant, ces deux institutions bancaires se développent rapidement et suscitent l’intérêt d’un nombre grandissant de personnes. De plus, le Crédit Coopératif et la Nef font partie d’importants réseaux européens de banques éthiques tels que la FEBEA ou la GABV (Global Alliance for Banking on Values). La GABV regroupe à elle seule, 28 banques éthiques en Europe.

 

[1] Du nom de son créateur James Tobin (1972), prix Nobel d’économie en 1981

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