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Epargne solidaire : interview avec la SIDI

Epargne solidaire | 01/04/2016

NovaFi propose une fiche dédiée aux actions non cotées de la SIDI dans sa section sur l’épargne solidaire. On y retrouve une présentation de cette organisation ainsi qu’une description de l’impact positif généré par l’activité de la Solidarité Internationale pour le Développement et l’Investissement. Pourtant, il nous a semblé important, dans un souci de transparence, de présenter les actions de la SIDI d’une autre manière. Estelle Marcoux, chargée de partenariat à la SIDI, a accepté de répondre à nos questions, concernant entre autres, l’utilisation des fonds provenant de ses actions non cotées.

GC : Quelle est l’utilisation de l’argent provenant des actions non cotées de la SIDI ?

EM : Le principe fondateur de l’action de la SIDI peut être représenté par une chaîne de solidarité pour le financement. Le principe est que l’épargne des citoyens au Nord serve à financer des acteurs du Sud à fort impact social. La SIDI finance et accompagne ces acteurs, qui dans un contexte local souvent compliqué, ont des difficultés à développer leurs activités de manière durable. Cela implique une certaine solidarité des pays du Nord avec les pays du Sud. Plus concrètement, la SIDI intervient de différentes manières. Elle soutient de nombreux commerçants, artisants ou encore agriculteurs exclus du système bancaire par l’intermédiaire des institutions de microfinance, des coopératives et entreprises communautaires qu’elle finance et accompagne.

GC : Quels sont les outils mis à votre disposition pour financer ces acteurs à fort impact social ?

EM : La SIDI propose à ses partenaires un soutien financier qui peut prendre la forme de prêts ou d’investissement en capital. Les prêts accordés par la Solidarité Internationale pour le Développement et l’Investissement sont en majorité réalisés en monnaie locale pour ne pas faire peser le risque de change sur les acteurs financés. Grâce à ses participations au capital, la SIDI siège au conseil d’administration des entreprises financées. Elle a donc un rôle fort d’accompagnement des acteurs financés puisqu’elle influe sur leur gouvernance et leur stratégie. L’objectif est toujours ici que ces entreprises, souvent fragiles financièrement, parviennent à être autonomes dans un futur proche. Enfin la SIDI c’est la possibilité pour ces entreprises de bénéficier d’une assistance technique gratuite. Cette assistance porte par exemple sur la réflexion stratégique, la réalisation de tableaux de bord, l’accompagnement dans la gestion du risque, la recherche d’alliance ou la gestion des systèmes d’information.

GC : Comment est-ce que la SIDI s’assure de l’impact social généré par les acteurs financés ?

EM : La SIDI possède une grille d’indicateurs de sélection en amont afin de s’assurer de l’impact social des acteurs. Au moment de choisir un nouveau partenaire nous faisons preuve d’une grande rigueur, en nous basant sur une grille de critères complexe, prenant notamment en compte : le pourcentage de femmes bénéficiaires, la part de la production biologique de l’organisation, les conditions de travail de salariés etc… Une fois la relation de partenariats mise en place, la SIDI continue de porter une attention constante au maintien de leurs missions et objectifs sociaux par ses partenaires, elle réalise notamment dans ce sens un suivi rapproché au travers de la gouvernance mais aussi du monitoring de la performance sociale de ces institutions.

GC : Comment s’est déroulé 2015 pour la SIDI ?

EM : Les activités de financement de la SIDI sont en croissance. En 2015 la SIDI a investi 7,4 millions d’euros en 2015. Son encours de financement a progressé de 12%, et s’élevait au 31 décembre 2015 à 19,4 millions d’euros. Actuellement, 46% de son portefeuille est investi en Afrique Subsaharienne, 25% en Amérique Latine, le reste principalement en Europe de l’Est et dans le bassin méditerranéen.

GC : Ne pensez-vous pas qu’il serait intéressant que la SIDI puisse reverser des dividendes à ses actionnaires afin d’attirer davantage d’investisseurs ?

EM : Il est vrai que la question s’est posée. Mais la SIDI a régulièrement vu son capital augmenter ce qui lui a permis de rester en phase avec ses besoins financiers. Par ailleurs, la SIDI souhaite proposer à ses investisseurs un rendement social et non financier.


Interlocutrice :

Estelle MARCOUX

Chargée de partenariats / Investment Officer

SIDI – Solidarité Internationale pour le Développement et l’Investissement


Pour en savoir plus, retrouvez :

– La fiche de la SIDI sur Novafi

– Les actions non cotées de la SIDI

– Notre fiche pratique sur comment votre épargne contribue au développement des PMA

 

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