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Jean Bouteille, Lauréat des Grands Prix de la finance solidaire 2016

Epargne solidaire | 11/11/2016

Jean Bouteille, le projet qui permet de consommer du liquide sans générer de déchets

 

Novafi participe à la semaine de la finance solidaire, en partenariat avec Finansol pour vous éclairer sur l’usage des fonds alloués à l’épargne solidaire. Nous publions chaque jour l’interview d’un bénéficiaire – associations, porteurs de projet, entreprise de l’économie sociale ou solidaire –  ou d’un acteur de la finance solidaire, situé en France ou dans les pays en développement.

Aujourd’hui nous allons à la rencontre de Jean Bouteille, lauréat des Grands Prix de la finance solidaire 2016 dans la catégorie « prix du public» . Découvrons comment la finance solidaire a aidé Gérard Bellet et son équipe à réaliser ce projet.

1)     Qu’est-ce-que Jean Bouteille ?

Jean Bouteille, créée en mars 2014, est un système mis en place pour permettre aux populations de consommer des produits liquides sans générer de déchets. Pour ce faire, nous associons la vente de liquides en vrac à la bouteille consignée.  Nous équipons des magasins,  leur fournissons le service de locations de bouteilles consignées et nous leur louons ou vendons des fontaines pour remplir ces bouteilles d’huile, de vinaigre ou de vin. Aussi, nous pouvons alimenter les magasins partenaires en produits liquides, issus de l’agriculture biologique, pour remplir les bouteilles.

Alors, quand vous allez dans un des magasins partenaires de Jean Bouteille pour par exemple acheter de l’huile, du vin ou du vinaigre, vous donnez un euro de consigne et  recevez une bouteille en verre dudit liquide. Une fois que le contenu de la bouteille sera totalement utilisé, vous pourrez revenir dans le magasin avec la bouteille qui sera déconsignée et remplacée par une propre. Ainsi, vous n’achetez plus que le contenu et non le contenant, ce qui représente un gain économique pour le consommateur.

2)     Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées pendant le processus de réalisation du projet ?

Quand nous nous sommes lancés, le zéro déchet n’était pas connu ; ainsi, la difficulté principale était de pouvoir convaincre les gens sur l’intérêt d’un tel projet et surtout  sa viabilité. Par ailleurs, nous avions la volonté de faire bouger les choses, de lutter contre la pollution liée aux déchets mais il fallait faire en sorte que le projet rentre sur le marché, ce qui était difficile. On devait faire en sorte de mettre en place des services et des prix compétitifs, qui attireraient les clients de Jean Bouteille et intéresserait les consommateurs.

3)     Qu’est-ce que les différents partenariats ont changé pour votre projet ?

Pour la création de Jean Bouteille, je me suis tourné naturellement vers un club CIGALES. La CIGALES a été le premier à vraiment croire en mon projet, elle a pris le risque de rentrer dans le capital de Jean Bouteille et m’a fait bénéficier de son réseau. En effet, c’est par le biais du club CIGALES que j’ai rencontré le centre d’insertion qui a accueilli la première laveuse. Aussi, elle m’a aidé sur le plan opérationnel en me mettant en relation avec des professionnels spécialisés dans le secteur de l’environnement. Aussi, en tant qu’entrepreneur la CIGALES a été d’un grand soutien pour le lancement du projet, ils m’ont apporté leur aide et m’ont permis de ne pas être livré à moi-même dans le monde entrepreneurial. Par ailleurs leur apport financier a été un effet de levier pour aspirer au financement bancaire. Ça nous a donc permis de bénéficier de crédits et de soutien de la part d’acteurs de la finance solidaire comme la NEF, le Crédit Coopératif, Initiative France, France Active.

4)     Quel est actuellement l’impact de vos projets dans les villes où vous êtes présent ?

L’implantation de Jean Bouteille à Paris et Bordeaux est très récente, donc nous ne pouvons encore estimer l’impact du projet sur la ville. Par contre, à Lille nous sommes représentés dans une trentaine de magasins et à chaque fois qu’un individu utilise notre système de consigne, c’est 500 grammes de déchets en moins. Aussi, nous livrons entre 500 et 2000 bouteilles par jour par semaine ce qui fait autant de déchets en moins.

Par ailleurs, il y a un impact social généré par le système de lavage des bouteilles. Jean Bouteille promeut l’insertion socioprofessionnelle des personnes en difficulté et contribue à l’amélioration de l’intégration des personnes handicapées par la mise en place de partenariats avec un centre d’insertion et des ESAT (Etablissement et Service d’Aide par le Travail) qui se chargent du lavage des bouteilles.

Enfin, la vente en vrac permet au consommateur de faire des économies ; il n’achète plus que le liquide et fait donc des économies sur l’emballage et sur le transport des produits jusqu’au magasin.

5)     Quels sont vos prochains objectifs de développement ?

Notre objectif pour les prochains mois c’est de démultiplier le nombre de magasins équipés de notre système de consigne et réussir notre implantation à Paris et à Bordeaux. Aussi, nous avons pour objectif de consolider le système, de finir le plan R&D afin de pouvoir nous implanter dans un futur proche dans toute les grandes villes françaises.


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