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Le désinvestissement comme réponse à la tragédie d’Orlando

La terrible fusillade d’Orlando a encore été le théâtre de la négligence américaine quant à la vente d’arme aux particuliers. Elle est aussi la frappante illustration de l’influence gigantesque des lobbys à la solde des industries de l’armement. Ces activités particulièrement lucratives usent allègrement de leur influence pour que des lois ne viennent pas entraver la vente de ces armes. Les conséquences de tels agissements font actuellement le tour du monde et sont désignées comme « l’attaque la plus meurtrière de l’histoire moderne des Etats-Unis ». Inévitablement, des questions vont émerger sur les causes de ce drame. « Pourquoi ? Comment est-ce possible ? Qu’est-ce que nous aurions pu faire pour éviter cela ? ».  Si il est nécessaire d’étudier les causes immédiates de tels actes, n’est-il pas aussi primordial d’identifier et d’éliminer les origines plus profondes de ces actes infâmes ? C’est une réflexion à la portée de beaucoup et des investisseurs peuvent logiquement en arriver à la question suivante « Mon épargne finance-t-elle la production d’arme ? Mes investissements contribuent-ils à de telles tragédies ? ». Les gérants de fonds le savent, de telles questions pourront leur être posées lors de prochains rendez-vous.

Désinvestir pour réagir

Alors quelle sera la réaction de l’investisseur apprenant qu’il détient de nombreuses actions de l’industrie de l’armement ? Quelle sera la réaction de la société de gestion devant le mécontentement de ses clients ? Nous ne parlons pas ici nécessairement de mouvement de masse de désinvestissement, mais il est souhaitable que ce type d’événement tragique mène différentes personnes à réfléchir. Les gérants de fonds peuvent commencer à s’interroger sur leur politique d’investissement. « Est-il encore raisonnable de continuer à investir dans ces industries décriées qui ne correspondent pas aux convictions de nos clients ? ».  A long terme, ces activités peuvent également s’avérer contre productive en cas de réglementation contraignante (restriction des ventes d’armes, taxes carbone pour le cas des industries polluantes). C’est d’ailleurs ce que veut faire comprendre MSCI Research à travers ses études sur les critères ESG en tant qu’indicateur de risque. Des fonds ont pris l’initiative du désinvestissement en décidant de désinvestir totalement des industries de l’armement il y a déjà longtemps. Cette approche est plutôt anglosaxonne. Elle consiste à désinvestir des industries qui ne sont en phase avec certains principes éthiques : travail des enfants, utilisation d’OGM, industrie de l’armement etc…

Ces fonds sont attrayants pour les personnes se posant les questions énoncées plus hauts. Ils représentent une alternative aux fonds classiques qui ne se soucient pas de telles considérations et qui ne veulent optimiser que le rendement financier. Les sociétés de gestion s’en rendent compte, puisque depuis 2014, ce sont 292 véhicules d’investissement qui ont intégré un critère relatif à l’appartenance à l’industrie de l’armement. Ils représentent, selon l’US SIF Forum for Sustainable and Responsible Investment, 588 milliards de dollars sous gestion. Une telle réaction suite à l’attaque d’Orlando est envisageable pour ne pas dire souhaitable. On peut toutefois nourrir le regret que de telles actions se fassent en réaction à des actes terroristes alors qu’elles auraient pu intervenir en amont et en prévention. Le désinvestissement ne saurait d’ailleurs se limiter à l’industrie de l’armement. Il doit être étendu aux industries polluantes avant que de catastrophes naturelles viennent dramatiquement nous faire réaliser qu’il est peut être déjà trop tard pour désinvestir.


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