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Les dérives du crowdfunding : peut-on financer tout projet ?

Soutenir l’éducation, restaurer la Grande Muraille de Chine, ou encore réduire le gaspillage alimentaire voilà les projets qui remportent un franc succès grâce au crowdfunding. Leurs points communs ? Ils prônent des valeurs intenses que toute plateforme de financement participatif soutient : l’éthique, la transparence, la solidarité, le partage, la sécurité… Cependant, les dérives du crowdfunding existent, certains projets apparaissent comme contraire à ce type de valeurs : Tout projet peut-il donc correspondre au financement participatif ?

Paypal et le crowdfunding identitaire

L’exemple le plus frappant est récent : au cours du mois de mai dernier, Defend Europe, une coalition de groupes d’extrême droite, a monté un projet afin de contrer la venue de réfugiés en Europe. Selon eux,

« Cette immigration massive change le visage de notre continent. Notre futur est en jeu. ».

Leur projet consiste à empêcher l’intervention des ONG et autorités via leur bateaux de sauvetage tel que l’Aquarius, tout en assurant, une protection pour les migrants en danger, qu’ils sauveront et raccompagneront sur les côtes Africaines. Leur objectif : récolter au moins 50000€ de fonds pour pouvoir monter une s’équiper (équipe, bateaux) afin de contrer toute opération de sauvetage. Pour cela, ils ont décidé de monter une campagne de financement participatif sur Paypal.

Après quelques semaines de campagne, ils ont récolté plus de 65000€ de fonds, non sans attiser une vague de rébellion et de pétitions à l’encontre de Paypal. Impulsée par le Bureau d’Accueil et d’Accompagnement des Migrants (BAAM), une campagne dénonçant l’inaction de Paypal a donc été mise en place. Leur principale revendication ? Le fait que ce projet soit à l’encontre même des Droits de l’Homme mais aussi des Conditions Générales d’Utilisation de Paypal :

« Le service PayPal ne doit pas être utilisé pour des activités : […] en lien avec des transactions impliquant des objets qui prônent la haine, la violence, l’intolérance raciale ou l’exploitation financière d’actes criminels ».

Après avoir été menacé, par de nombreux utilisateurs, de supprimer leurs comptes, Paypal a décidé au bout de quelques semaines de geler cette campagne, pouvant être qualifiée de « chasse à l’homme ».

La sélection des projets par les plateformes de crowdfunding

Malheureusement, ce projet impliquant Paypal n’est pas le seul à être aux antipodes des valeurs traditionnelles du crowdfunding. Depuis la vague d’utilisation du financement participatif, quelques dérives du crowdfunding ont déjà été observées, comme l’utilisation de l’argent récolté à des fins personnelles – campagne d’Erik Chevalier lancée sur Kickstarter en 2012 visant initialement à financer la création d’un jeu de société, mais ayant servi finalement au financement de son déménagement – voire même pire : l’utilisation de ces plateformes par des groupes extrémistes (Paypal et le groupe CCC, Council of Conservative Citizen, incitant les « blancs » à tuer les « noirs »).

Ces problèmes quant à la sélection des projets sont notamment liés au caractère « participatif » de ce financement. Même si des critères sont mis en place par les plateformes en amont, ceux-ci restent très flous lorsqu’il s’agit du détail du projet, ce qu’il implique … Il apparaît en réalité que ce sont les utilisateurs qui font une sélection naturelle des projets qu’ils souhaitent ou non financer.

Cependant, l’apparition de projets douteux, ou même en contradiction avec les valeurs éthiques du crowdfunding, sont assez marginaux lorsqu’on les compare au succès de la démarche du financement participatif. De nombreux projets peuvent désormais accéder à un système de financement alternatif auxquels ils ne pouvaient pas prétendre auparavant. Certaines plateformes sont même entièrement dédiées aux financements d’œuvres caritatives comme Generosity (plateforme créée par Indiegogo).

Selon le Baromètre du crowdfunding de 2016 établi par KPMG et la FPF (association Financement Participatif France), cet élan est d’autant plus important lorsque l’on observe que l’activité de la finance alternative a doublé entre 2015 et 2016, pour passer de 297 à 629 Millions € de fonds collectés en 2016.

Des projets qui doivent correspondre à des valeurs bien spécifiques

Il s’agit donc de se rendre compte que le financement participatif ne peut pas soutenir tous types de projets. Même si cette initiative repose sur un élan solidaire faisant appel au jugement de chacun pour savoir s’il faut ou non investir, cet élan ne peut prospérer qu’en présence d’un encadrement précis de la part des plateformes, notamment lorsqu’elles choisissent les projets qu’elles veulent mettre en avant pour éviter toutes dérives du crowdfunding.

Le financement participatif est un esprit d’initiative, esprit que Novafi s’efforce de soutenir à travers des valeurs traditionnelles d’éthiques dans le domaine social, responsable et environnemental.


Pour plus d’informations sur le Crowdfunding, consultez notre fiche pratique : Comment investir en crowdfunding : mode d’emploi.

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