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Cysmyk : la science autrement

Lancées pour la première fois aux Etats-Unis en 2008, les plateformes de crowdfunding permettent aux porteurs de projet de trouver le financement qui les aide  à démarrer leur projet. En ce sens, 3 jeunes nantais, voulant apporter une solution aux problèmes auxquelles la science fait face, décident de lancer Cysmyk, une plateforme de financement de recherches scientifiques. Thibault Colombani, un des co-fondateurs de Cysmyk a accepté de partager avec vous les raisons qui les ont poussés à créer Cysmyk ainsi que leurs perspectives futures, suite au succès de leur campagne de crowdfunding sur Ulule.

  1. Comment vous-est venue l’idée de créer Cysmyk ?

Le projet est né en deux étapes. Tout d’abord, en 2012 j’ai participé avec un de mes associés, Maxence Bon, à un concours de création d’entreprise, les entrepreneuriales. On avait déjà cette idée d’aider à financer des projets scientifiques issus de la recherche académique ou de la recherche privée grâce au Crédit d’impôt recherche (CIR) car, à cette époque, le crowdfunding n’était pas très développé en France. Ensuite, en Janvier 2015, suite à la thèse que j’effectue en biologie, on m’a invité à  parler de mon expérience en tant qu’étudiant entrepreneur à l’université de Nantes. Par la suite, on m’a parlé du statut national d’étudiant entrepreneur, qui permet aux étudiants de bénéficier de cours ainsi que de l’accompagnement de coach. Ils m’ont donc proposé de reprendre mon idée et c’est tout naturellement que j’ai recontacté Maxence qui, comme moi a suivi, l’évolution du marché du crowdfunding, en plein essor en France. Il était important pour nous de lancer ce projet car la recherche avait plus que jamais besoin d’argent. En Avril 2015, j’ai obtenu le statut d’étudiant entrepreneur et nous avons décidé de devenir acteur et de développer un projet innovant.

  1. Comment expliquez-vous la faible part du PIB consacrée à la science ainsi que les faibles taux de succès des appels à projet de l’Agence nationale de la Recherche alors que la France est reconnue pour son avancée scientifique ?

En France, on a du mal à prendre des risques ; on favorise les projets qui sont dans l’ère de l’actualité, dans les domaines porteurs alors qu’il y a des projets innovants qui, si on leur donnait leur chance, permettraient à la France d’être un leader dans ce domaine. La France consacre 2,2% de son PIB à la recherche, ce qui est faible comparée aux grandes nations scientifiques. Toutefois, la France est reconnue pour son excellence en la matière. Il y a de nombreux projets qui sont excellents mais qui sont laissés de côté par manque de financement. Par ailleurs, en 2015 moins de 10% des projets qui ont été envoyés à l’Agence Nationale de Recherche (ANR) ont bénéficié d’un financement. Il y avait alors des projets  qui étaient excellents et qui ne pouvaient bénéficier de l’appui financier de l’ANR. Ces projets, ainsi délaissés, ne peuvent pas aboutir et  on accumule donc du retard.

Nous voulons donc donner un coup de pouce à tous ces porteurs de projets scientifiques  pour qu’ils puissent montrer que leur idée est réaliste et tient la route afin d’aspirer à de plus gros financements.

  1. Du coup, votre objectif c’est de les aider, avec le financement du public,  à montrer que leur projet est réalisable afin de trouver de gros financements ?

Oui mais pas seulement. Notre objectif c’est également d’aller au-delà de la recherche scientifique, d’apporter une valeur humaine à la recherche. On constate que la recherche est faite par l’homme (chercheur) pour l’homme (grand public) et qu’il y a un clivage entre les deux. Le chercheur semble inaccessible d’un côté et, de l’autre, vous avez le grand public qui ne comprend pas vraiment ce qui se passe et qui se pose beaucoup de questions, sans trouver de réponses. Nous voulons donc créer un grand projet humain où les chercheurs pourront échanger avec le public. Plus qu’un projet humain, ce sera aussi, un projet de partage d’expérience, de connaissances car, c’est ce que la science a de plus beau à offrir.

  1. En quoi va consister ce partage d’expérience, de connaissances ?

Lorsque vous ferez un don pour soutenir un projet, vous obtiendrez en contrepartie un accès à une conférence, des vidéos et podcasts, qui vous expliquent le projet et, dans lesquels le chercheur répondra directement à toutes vos questions. Aussi, vous  pourrez directement interagir avec les chercheurs et suivre l’avancée du projet au quotidien que ce soit dans ses réussites mais aussi dans ses échecs, car, malheureusement,  un projet scientifique peut ne pas réussir. Ce que nous voulons c’est faire en sorte que le projet de recherche soit compréhensible mais surtout, que le public voit vraiment ce qui se passe et qu’il fasse partie d’une belle l’aventure.

  1. L’accès sera-t-il limité aux donateurs ?

Nous sommes partis sur un principe d’exclusivité. Quand vous ferez un don vous aurez accès aux vidéos et podcasts, en avant-première. Donc pendant une période de temps donnée, seuls les donateurs auront accès à ces fichiers. Ensuite, le contenu sera disponible sur notre plateforme parce qu’on veut être un lieu de connaissance et de culture scientifique ; pour les conférences, les donateurs auront aussi la priorité. Le but ce sera vraiment de valoriser le donateur. Par ailleurs, sur Cysmyk, vous aurez accès à la contrepartie peu importe le montant de votre don.

  1. Quels seront vos critères de sélection de projet.

Nous avons retenu deux critères principaux : la pertinence éthique et scientifique. Tout d’abord,  le chercheur va déposer son projet sur notre plateforme avec une partie vulgarisée et une partie scientifique. Ensuite, la partie scientifique va passer devant un comité scientifique, qui sera désigné en fonction des compétences nécessaires pour juger de la pertinence du projet. Avant que le projet ne soit en ligne, il y aura une deuxième vérification qui consiste à s’assurer que le projet est compréhensible, et totalement transparent pour le public. Enfin,  une fois que le projet passe les deux étapes, il sera mis en ligne et le public pourra contribuer au projet en toute confiance parce que les textes qui leur seront présentés auront été approuvés par un comité scientifique et représenteront la réalité.

  1. Quand pensez-vous lancer les premiers projets de financement ? Avez-vous déjà reçu des demandes de financement ?

Présentement, on a une dizaine de projets, dans des domaines variés, sur lesquels nous travaillons avec les porteurs de projet pour les mettre en forme, afin de pouvoir les mettre en ligne et qu’ils soient compréhensibles des internautes, après leur validation par un conseil scientifique. Normalement d’ici la fin Septembre on pourra lancer la création de la plateforme qui sera disponible d’ici la fin décembre début Janvier. Nous déciderons alors du meilleur moment pour le lancement pour récompenser nos donateurs sur Ulule puisque certains ont voulu accéder à la soirée de lancement par leur don. Nous voulons aussi trouver une date qui nous permettra de mettre le plus en avant les premiers  porteurs de projet afin de leur donner toutes les chances de réussir leur levée de fonds pour les remercier de leur confiance.

 

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