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Le crowdfunding : un ticket pour les Jeux Olympiques de Rio !

Après l’Euro de football qui a enthousiasmé les nombreux supporters du vieux continent, ce sont les Jeux Olympiques et Paralympiques de Rio qui prennent le relais dans quelques jours. Cet évènement mythique qui réunit plus de 10 000 athlètes de 28 disciplines est attendu dans le monde entier. Pourtant, de nombreux athlètes pourraient renoncer à leur rêve olympique faute de moyens financiers suffisants. Face aux montants surréalistes des transferts des joueurs de football, il est difficile d’imaginer des sportifs professionnels dans l’impossibilité de participer à une compétition internationale pour des raisons budgétaires. Ces derniers ont pourtant de plus en plus recours au financement participatif pour assurer leur présence aux grands évènements et notamment à Rio. Le crowdfunding sportif est ainsi en réel essor et même les grands clubs professionnels y font appel. Le Hertha Berlin a ainsi levé 1 million d’euros en neuf minutes l’an dernier pour accélérer son processus de transformation numérique. Les supporters du Red star ont, eux, récemment lancé une collecte de fonds pour rénover le stade mythique de Bauer.

Novafi vous apporte son éclairage sur les raisons de ce développement rapide et sur les perspectives d’avenir de cette nouvelle tendance.

Le crowdfunding sportif pour répondre à un besoin courant

La participation à des compétitions internationales, et plus encore aux Jeux Olympiques, est pour un sportif de haut niveau la consécration du travail accompli mais synonyme également de dépenses conséquentes. Certes, les frais de déplacement pour les J.O sont payés directement par le comité olympique français (CNOSF) et le logement ainsi que les repas sur place sont prévus par le Village Olympique du comité organisateur. Mais le parcours de qualification mène les prétendants à concourir au préalable aux quatre coins du monde avant l’indispensable stage de préparation à l’approche des Jeux. A cela il convient d’ajouter les frais inhérents à l’équipe de professionnels (nutritionniste, ostéopathe, kinésithérapeute, préparateur physique…) chargée de prendre soin du sportif  pendant sa préparation et la compétition.

Si on comprend bien ces exigences pour accéder au meilleur niveau, on constate également que les aides de la région et des clubs pour en assurer le financement ne suffiront pas toujours. Il convient en effet de souligner une grande disparité au sein du monde du sport professionnel. Les sportifs les plus médiatisés et pratiquant un sport populaire avec une attractivité marketing peuvent aisément vivre de leurs salaires, des contrats avec leurs sponsors et de leurs revenus publicitaires. Le tennisman serbe Novak Djokovic a par exemple perçu plus de 55 millions de revenus en 2015. Ce n’est malheureusement pas le cas de la majorité des sportifs de la délégation pour lesquels les sponsors sont plus frileux et qui doivent souvent cumuler les exigences d’un entraînement intensif avec des études ou un métier secondaire. Les sportifs paralympiques bénéficient également d’une médiatisation bien moins conséquente. Ils représentent ainsi une part importante des sportifs en manque de moyens pour concourir lors des compétitions internationales.

Le crowdfunding, en se substituant aux revenus publicitaires et de sponsoring, devient donc un moyen de pallier aux inégalités de revenus entre sportifs. En outre, il permet  aux moins médiatisés d’assurer leur préparation et, à terme de réaliser leur rêve olympique.

Le crowdfunding sportif : Une pratique en pleine démocratisation

L’idée de faire appel à la générosité des particuliers pour combler ce besoin de financement est née en 2009 de la course nue dans Paris de Romain Mesnil, vice-champion du monde et vice-champion d’Europe de saut à la perche, pour attirer l’attention sur son projet lorsque ses sponsors se sont désistés. Nombre de sportifs ont du mal à capter l’attention des sponsors mais ont en revanche une communauté plus ou moins importante de fans prêts à les soutenir dans leur aventure !

Les plateformes de financement participatif généralistes comme Ulule et Kisskissbankbank ont ainsi été les premières à présenter des collectes de fonds pour des sportifs. Des plateformes entièrement dédiées au financement de projets sportifs aussi bien professionnels qu’amateurs ont aussi vu le jour, les deux principales en France sont Sponsorise.me et Fosburit.

Le principe est simple : les athlètes créent leur campagne de crowdfunding sur une plateforme internet qui les met directement en relation avec des particuliers ou des entreprises disposant d’épargne. Ils présentent donc leurs projets, affichent clairement leurs ambitions et détaillent précisément leurs besoins pour parvenir au montant global nécessaire. Les particuliers font ensuite un don du montant de leur choix pour soutenir un ou plusieurs sportifs. En contrepartie du don, les sportifs remercient les particuliers avec des attentions plus ou moins importantes selon le montant donné. Il peut s’agir de simples remerciements, comme d’une invitation à venir s’entrainer avec eux. Ce n’est pas tant la valeur intrinsèque de la contrepartie qui importe mais davantage la valeur symbolique pour le donateur. Ce don va au-delà du soutien financier et permet aux particuliers d’accompagner le sportif dans son aventure et de participer à sa réussite. Si l’objectif de la collecte n’est pas atteint, les particuliers ayant participé sont intégralement remboursés. En cas de dépassement du montant demandé, certains sportifs reversent le surplus à une association.

Le succès grandissant de cette pratique est indéniable et elle s’inscrit en complément des financements habituels des fédérations. L’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (INSEP) propose même des conférences sur le crowdfunding pour initier les sportifs à cette pratique, les aider à constituer leur campagne et favoriser ainsi leur succès.

Certains athlètes y ont donc naturellement eu recours pour faciliter leur préparation et participation aux Jeux Olympiques de Rio. Les plateformes spécialisées ont lancé un espace dédié aux campagnes des sportifs pour Rio. « Fosburit a Rio » a par exemple permis de financer 24 campagnes de sportifs de haut niveau avec succès car l’objectif atteint est en moyenne de 125%.

Sponsorise.me a signé à cette occasion un partenariat avec Powerade, la boisson énergisante de Coca-Cola, qui dispose aujourd’hui de 5% du capital de la plateforme, pour créer une plateforme dédiée aux J.O www.riopower.me. Outre la plus grande visibilité apportée par la marque, cette dernière reverse 1€ pour chaque euro versé par un particulier (dans la limite de 400€ par projet). Aujourd’hui elle a permis le financement de plus de 120 sportifs du monde entier dont 71 français. Les campagnes, en moyenne de 3600€, concernent plus de 20 disciplines. Les sportifs expliquent de manière très transparente les postes de dépenses et offrent en contreparties des nouvelles régulières de leur aventure, des cartes postales de Rio ou encore leur tenue officielle.

Powerhead

L’après Rio ?

L’engouement actuel lié aux Jeux Olympiques favorise indéniablement la croissance soutenue du secteur. Le risque serait alors de connaitre un certain essoufflement post Jeux, laissant de nouveau les athlètes en manque de soutien. Charles Mahé, co-fondateur de Fosburit, reste cependant optimiste : « Le secteur devrait continuer à croître même après Rio. En effet, nous avons déjà des projets pour 2018 et 2020. La cyclicité de ces événements sportifs peut rendre l’activité des plateformes relativement pérenne. » En effet, les sélections pour les J.O d’hiver de 2018 arrivent rapidement ainsi que les championnats du monde dans de nombreuses disciplines. La Mairie de Paris et le CNOSF ont même lancé une campagne nommée « Je rêve des Jeux » afin de récolter 12 millions d’euros pour financer une partie des Jeux Olympiques de 2024 auxquels la France est candidate. La diversité des cibles est le second élément rassurant. Les plateformes sont ainsi également tournées vers  les clubs et les amateurs qui manquent de moyens face au désengagement des collectivités locales. Charles Mahé nous confiait : « C’est un véritable atout de pouvoir financer à la fois des professionnels et les amateurs ».

Le crowfunding sportif est donc en passe de devenir un véritable mode de financement des rêves de sportifs, du très haut niveau au simple amateur passionné. Les fonds soulevés ne sont que des compléments ponctuels de financement à ceux des fédérations et des sponsors mais ils sont nécessaires à l’aboutissement des projets. « L’important est de participer », gageons que les plateformes qui se sont spécialisées dans le domaine ont eu raison de croire que cette maxime s’appliquerait aussi au financement. Dans le sport plus qu’ailleurs la dimension humaine sera porteuse…


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