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Le crowdfunding au chevet de la presse

Depuis quelques années, la presse fait face au défi du numérique entraînant d’importantes chutes des ventes papiers. Plusieurs journaux se sont ainsi retrouvés en difficulté financière et certains ont été dans l’obligation de céder leur publication.

Plusieurs journaux se sont tournés vers le crowdfunding qui apparaît progressivement comme un moyen de survivre ou d’adopter une stratégie davantage tournée vers le numérique. Il permet aussi d’impliquer les abonnés et lecteurs dans l’activité du journal et ainsi adopter une approche plus inclusive.

La multiplication de ces campagnes de crowdfunding dédiées aux journaux est favorisée par l’adoption de la proposition de loi « Charb » qui prévoit une déduction fiscale de 66% pour les dons et investissements dans le capital d’entreprises de presse.

Face à la montée de cette activité dans le financement participatif, NovaFi vous éclaire sur les principales campagnes déjà financées et les perspectives de ce nouveau mode de financement pour les titres de presse.

Le crowdfunding au secours des titres de presse

De nombreux grands journaux ont fait appel au crowdfunding afin de pouvoir continuer leur activité.

Le quotidien l’Humanité, par exemple, fait régulièrement appel aux dons de ses lecteurs afin de compenser d’importants problèmes financiers ; en effet, le quotidien perd 50 centimes d’euro par exemplaire vendu. Le journal, créé en 1904 par Jean Jaurès, survit donc actuellement grâce aux dons mais les pertes continuent de s’accumuler malgré la générosité des lecteurs.

En 2014, Nice-matin a également recouru au financement participatif pour échapper à la faillite. Après avoir récolté plus de 370 000 euros, le quotidien a non seulement pu rester dans les kiosques mais a surtout réussi à fidéliser ses lecteurs et créer une édition numérique du journal.

De nouveaux journaux sont créés grâce au crowdfunding

Parfois, le crowdfunding est utilisé pour créer de nouveaux titres de presse. Par exemple, le groupe SoPress, éditeur de Sofoot, vient de lancer le bimensuel Society en format papier grâce à une campagne de crowdfunding sur KissKissBankBank. Society traite de sujets de société avec la pointe d’humour que l’on connaît déjà au magazine Sofoot. Ce magazine avait défrayé la chronique dès la sortie de son premier opus en mars avec un portrait sur Cyril Hanouna qui est dépeint comme un « tyran » envers ses collaborateurs.

De la même manière, le magazine de pop culture Gonzai a lancé sa collecte de fonds fin 2015 sur Ulule afin de pouvoir apparaître dans les kiosques dès 2016.

Ces magazines offrent des contreparties en nature à leurs bienfaiteurs afin de les fidéliser comme des offres d’abonnements dès le lancement du projet.

Création de contenu indépendant et stratégie digitale

Pour certains journaux, le recours au financement participatif est nécessaire afin de continuer à publier du contenu original et indépendant.

En effet, l’indépendance de certains titres de presse est parfois uniquement garantie grâce aux dons et investissements des lecteurs.

Le site satirique Le Gorafi vient de réaliser une collecte de fonds de près de 28 000 euros sur la plateforme Ulule alors que l’objectif était fixé à 25 000 euros. Le site spécialiste de la désinformation a assuré à ses lecteurs que ce n’était pas une blague mais que l’objectif était bien de perfectionner son matériel et d’asseoir son indépendance. Humour oblige, le Gorafi indique que la collecte servira également à nourrir les stagiaires, à acheter du café, à corrompre des élus et enfin à racheter le groupe Canal si l’objectif final est atteint.

Le magazine Alternatives économique fait aussi régulièrement appel à la générosité de ces abonnés. La Société Coopérative (Scop) qui gère le magazine tient à garder son indépendance. Celle-ci a fait sa force depuis 36 ans puisqu’elle est en majorité détenue par ses salariés. La collecte a, entre autre, permis de développer un site internet avec un premier pallier à 40 000 euros sur la plateforme de financement participatif Ulule.

Pour le quotidien régional Sud-Ouest, le recours au crowdfunding s’inscrit dans une stratégie davantage tournée vers le digital et les réseaux sociaux ; l’objectif est clair : «Nous voulons atteindre les 50 000 abonnés numérique d’ici à 3 ans et doubler l’audience sur le site pour atteindre 1 million de visiteurs par jour ».
De manière générale, les dons aux titres de presse ne sont pas une nouveauté mais le financement participatif permet de fidéliser les lecteurs habituels du journal tout en attirant de nouveaux lecteurs grâce à la visibilité importante des plateformes de crowdfunding.


Pour en savoir plus, retrouvez:

  • Notre article sur le quotient Sud-Ouest et le crowdfunding
  • Notre fiche pratique sur comment investir en crowdfunding

 

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One thought on “Le crowdfunding au chevet de la presse

  1. Superbe article, merci pour toutes ces informations!

    Voici l’un des notre sur la force du crowdfunding et ses différentes stratégies. 😉

    http://startl.us/navigating-the-crowdfunding-web-space/

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