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Crowd Cow, la start-up qui réinterprète le crowdfunding

La start-up américaine Crowd Cow, créée en 2015, permet d’acheter une vache et d’en devenir propriétaire le temps de son élevage. Pas de panique, il n’y aura pas de vache dans votre jardin, celle-ci restera à la ferme, chez elle. En effet, Crowd Cow vous sollicite afin d’acheter une vache, à l’aide d’autres investisseurs. Votre rendement ? Le priviliège recevoir le morceau de viande qui vous intéresse. Ce morceau vous sera envoyé à votre domicile lorsque la viande sera arrivée à maturation. Les co-fondateurs entendent favoriser les circuits courts dans l’alimentation entre éleveurs et acheteurs.

La métamorphose du crowdfunding

Si le but principal du crowdfunding, souvent utilisé par les start-up,  est de financer un projet par le biais d’une récolte d’argent en ligne, différentes versions ont également vu le jour ces dernières années.

L’exemple de Lego et de sa plateforme Lego Ideas est marquant. Les modalités utilisées pour le crowdfunding restent les mêmes, cependant Lego les a ajustées à ses besoins. Pas de recherches pécuniaires, mais une recherche marketing, c’est comme cela que Lego a construit sa plateforme. Cela s’apparente à du crowdsourcing. La marque, très réputée en France, cherche à connaître les envies et la demande de ses clients. En effet, Lego sonde le marché auprès de ses clients pour ses nouvelles ventes. Les produits qui sortiront demain sont ceux soutenus par le plus grand nombre de votants.

Dans cette optique, la start-up américaine Crowd Cow a elle aussi voulu apporter sa nouvelle variante. La jeune entreprise utilise le crowdfunding, non plus pour financer un projet mais pour acheter des morceaux de viandes directement chez le producteur, jusqu’à la langue, le cœur, ou bien encore le foie.

Favoriser un circuit court dans l’alimentation

Parallèlement aux explications précédentes, Crowd Cow se positionne comme un lien direct entre le financeur et le financé. De ce fait, les intermédiaires sont abandonnés : plus d’abattoirs dont la production est très souvent décriée, ni de zones de ventes telles que les grandes surfaces.

Ainsi, le producteur est attentivement choisi pour pouvoir bénéficier d’une réelle garantie concernant l’origine du produit, la start-up se refuse de proposer une vache au hasard. Pour le magazine Forbes, l’un des co-fondateurs est revenu sur leur choix : « Nous sommes allés dans des boucheries artisanales pour demander des noms d’éleveurs. Nous avons fait une courte liste d’éleveurs dont nous pensions que la qualité était très élevée et avec des histoires que nous pensons vraiment convaincante. Le premier sur la liste était un ranch exploité par une femme avec l’excellent Angus Herefords, une race croisée qui est très populaire. »

« Lorsque nous lui avons rendu visite, elle a dit: “Ceci est la grange où mon grand-père marchait à quatre pattes quand il était bébé ». Elle vendait seulement son bœuf au personnel et à l’équipe d’entraîneurs de Seattle Seahawks, ainsi qu’un couple de restaurateurs et un boucher artisanal. »

Par ailleurs, les vaches partagées proviennent de l’Ouest des Etats-Unis, et ont été élevées dans des étendues d’herbes. Joe Heitzeberg, le co-fondateur précise dans l’interview avec Forbes que les gens veulent savoir d’où proviennent les choses qu’ils achètent.

Un prix élevé pour une qualité supérieure

De plus, pour garder toute sa qualité, la commercialisation ne se fait que lorsque la viande arrive à maturation. Pour respecter la fraîcheur de ses produits, Crowd Cow ne livre que dans quinze Etats de l’Ouest du pays. Ceci reste un frein pour le développement de la jeune entreprise, mais la réflexion semble déjà bien avancée concernant sa croissance. Il faut dire que la start-up bénéficie d’un marché en expansion puisque ce genre de productions dans des pâturages semble attirer de plus en plus les consommateurs.

Si bien que, nous pouvons dénombrés plus de deux milles productions dans ce genre, alors qu’il n’y en avait qu’une centaine dans les années 90 selon le Los Angeles Times. Avec une progression de 20% chaque année aux Etats-Unis, les co-fondateurs semblent avoir visé un marché porteur. Les chiffres d’affaires des entreprises du marché ont bien évolués, ils étaient de 3 millions de dollars en 1990, pour atteindre aujourd’hui entre 2 et 3 milliards.

Finalement, même si le bœuf consommé de la sorte ne constitue que 3% de la consommation, Le Monde révèle que Crowd Cow connaît un accroissement satisfaisant puisqu’en 2016 son chiffre d’affaires est devenu supérieur au million, la start-up aurait donc vendu près de 200 vaches. C’est pourquoi, son chiffre d’affaires vient de dépasser le million de dollars, et devrait encore augmenter.

Néanmoins, l’alternative que propose Crowd Cow a un coût. Si la viande est de meilleure qualité que celle disponible après un circuit industriel, son prix au kilo semble deux fois plus élevé.

En résumé, Crowd Cow est donc une start-up américaine qui a débuté un projet sur un marché du bétail, en croissance aux Etats-Unis. Malgré la jeunesse relative du crowdfunding, la start-up a su innover dans ce secteur. Elle a su permettre aux épargnants d’utiliser leurs épargne de manière, on ne peut plus concrète. Ils peuvent ainsi devenir pendant un certain temps actionnaire d’une vache, en bénéficiant de dividendes que représentent les parties sélectionnées de la vache. Ce nouveau type de financement tend à raccourcir les circuits de distribution généralement constatés dans le secteur alimentaire. Crowd Cow promeut le fait d’être un lien entre celui qui cherche à être financé, c’est-à-dire l’éleveur, et celui qui va financer, à savoir le consommateur. Un lien financé-financeur que Novafi, le portail de la nouvelle finance, aime lui aussi promouvoir.

 

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