Retour

Critères ESG : quelles performances ? Quel avenir ?

Les critères ESG, pour Environnementaux, Sociaux et Gouvernance d’entreprise, ont commencé à faire parler d’eux sous l’impulsion de John Elkington[1], co-fondateur du cabinet de consultant SustainAbility, à la fin des années 90. Il identifie un ensemble de considérations qui devraient rentrer en compte dans l’évaluation d’une entreprise ou d’un titre financier. C’est lorsque l’UNEP Finance Initiative commanda un rapport sur le sujet, que les critères ESG ont pris une importance plus conséquente dans le monde de la finance. Les conclusions de ce rapport sont claires : non seulement les sociétés de gestion peuvent intégrer ces critères à leurs analyses, mais cela relèverait même de leur obligation professionnelle vis-à-vis de leurs clients. L’histoire des critères ESG a toutefois toujours été émaillée de doutes sur leur utilité. Si Milton Friedman, Prix Nobel d’économie 1976, a toujours considéré que la prise en compte de ces critères nuisait aux performances financières, la littérature économique récente semble plutôt démontrer le contraire. NovaFi vous présente dans cet article un résumé des dernières performances des critères ESG, ainsi que les tendances sur l’évolution de leur influence.

Les performances des critères ESG

La question fait débat : ces critères extra financiers apportent-ils juste à l’investisseur une garantie morale ou sont-ils source de revenus significatifs ? Assez logiquement, analystes et chercheurs se sont penchés sur la question. Et depuis que Milton Friedman s’en est allé en 2006, différentes études semblent indiquer que les performances financières n’étaient pas négativement impactées par des scores ESG élevés. Cette idée a notamment été soutenue par un papier[2] de Michael Barnett (Oxford University) et Robert Salomon (New York University) publié en 2006. Tenir compte des critères ESG offrirait ainsi aux gestionnaire un même potentiel de performances financières que l’absence de prise en compte de ces critères, tout en ayant un impact positif au niveau social, environnemental et en terme de gouvernance.

Une autre étude plus récente menée par les analystes de Barclays a indiqué que des portefeuilles d’obligations d’entreprise avec un score ESG plus élevé étaient plus rentables que ceux avec des scores ESG plus faibles sur une période allant de janvier 2007 à septembre 2015. Le rapport annuel de MSCI Research sur les tendances ESG à observer en 2016, tend à confirmer cette analyse. Ce rapport montre que les obligations d’entreprises avec un très bon score ESG présentent les meilleurs retours sur investissement que ce soit dans le secteur marchand ou non marchand.

grapheesg

Ces deux dernières études s’accordent ainsi pour dire que les critères ESG peuvent constituer un indicateur de performance financière de long terme assez pertinent. De plus, selon MSCI Research, un bon score ESG permet de limiter différents risques : Fraudes, accidents, fermetures d’usine, grèves…

New_ESG-graph3

Source : MSCI Research

Les analystes Barclays et de MSCI considèrent que le critère ESG le plus performant est celui de la Gouvernance.  Si les portefeuilles avec des scores E et S plus élevés ont surperformé de peu leurs contreparties avec de faibles scores E et S, les portefeuilles avec des scores G élevés ont été largement plus performants que ceux que ceux avec de faibles scores G.

Quel avenir pour les critères ESG ?

Le monde financier peut être particulièrement conservateur, et l’intégration des critères ESG au sein des fonds d’investissement et des sociétés de gestion, est encore loin d’être acquise. Toutefois, la création de fonds ISR (Investissement Socialement Responsable) et l’émergence de notation ESG tendent à inciter les sociétés de gestion et les investisseurs à tenir compte des critères ESG. Dans cet esprit, Morningstar (une entreprise d’analyses d’investissement qui propose des notations ESG) va permettre aux investisseurs de comparer le score ESG d’une grande partie des 200 000 fonds qu’elle surveille depuis Mars. Cette initiative offre à la fois de la crédibilité aux critères ESG, et de la transparence au monde de l’investissement.

Depuis l’annonce de Morningstar, différents acteurs de la finance ont exprimé leur intention de prêter attention aux critères ESG. Helena Viñes Fiestas, de BNP Paribas Investment Partners, a ainsi déclaré que la notation ESG était là pour durer. En conclusion, en plus de performances satisfaisantes, la notation ESG semble voir sa côte de popularité progresser. Et pour cause, MSCI Research voit le marché des obligations  accélérer l’intégration des facteurs ESG, lui permettant de rattraper le marché Equity. Tout porte à croire que l’avenir devra se jouer avec cette notation ESG : une aubaine pour les fonds ISR ?


[1] : Dans l’article Cannibals with Forks : The Tripple Bottom Line of 21st Century Business, publié en 1998

[2] : Barnett, Michael and Salomon, Robert, Beyond Dichotomy: The Curvilinear Relationship between Social Responsibility and Financial Performance, (Strategic Management Journal, Vol. 27, 2006)


Veuillez également retrouver :

Share on FacebookShare on Google+Share on LinkedInTweet about this on Twitter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.