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BlackRock met en garde sur le changement climatique

Le changement climatique est à l’ordre du jour dans tous les débats politiques, économiques et sociaux. La COP 21 qui a réuni les pays membres de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) a permis de réfléchir sur les actions à mener pour lutter contre les effets d’un tel changement. Ceci a conduit à la mise en place de l’Accord de Paris sur le climat, premier accord universel sur le climat qui prévoit une transparence des gouvernements sur les mesures prises pour limiter les effets du changement climatique. L’accord prévoit à long terme de contenir le réchauffement climatique en dessous de 2 degrés par rapport aux niveaux préindustriels. Les Etats ont ainsi montré une volonté commune pour atténuer les effets du changement climatique et réduire le réchauffement climatique à long-terme. Toutefois, l’engagement des gouvernements ne suffit pas pour limiter le réchauffement climatique, il faudrait aussi que les citoyens, les grandes compagnies émettrices de CO2, et les institutions financières, comme le souligne l’article 173, se joignent aux Etats pour lutter contre le changement climatique. C’est en ce sens que BlackRock, la plus grande société de gestion d’actif du monde avec 4890 milliards de dollars sous gestion au 30 juin 2016, a décidé de publier un rapport qui met en lumière les effets du changement climatique et conseille les fonds ainsi que les clients sur leur choix d’investissement.

En effet, le rapport de BlackRock souligne l’importance de la prise de conscience des effets du changement climatique et le coût des investissements liés au réchauffement climatique. D’ailleurs, le Think Thank New Climate Economy a estimé à 90.000 milliards de dollars le coût de la transition énergétique d’ici 2030 et selon le gestionnaire d’actifs, les gouvernements ne peuvent pas à eux seuls résoudre ce problème ; il faudrait aussi que les investisseurs s’y mettent. Selon Ewen Cameron-Watt, directeur de BlackRock, les investisseurs sont d’autant plus concernés par le changement climatique car, « aujourd’hui, les risques liés au changement climatique sont tels qu’aucun gestionnaire d’actif ne peut les ignorer ». La société de gestion d’actifs explique que les investisseurs doivent prendre en compte l’utilisation de combustibles fossiles, la consommation d’eau et le niveau d’émissions de carbone des entreprises dans leur évaluation avant de décider d’investir dans ces compagnies. Ces mesures conduiraient les compagnies à adopter des approches plus vertes et aussi, les investisseurs à s’intéresser de plus en plus au contenu de leur portefeuille.

Cependant, BlackRock ne préconise pas un réajustement brutal des portefeuilles. Selon la société de gestion, le désinvestissement n’est pas une solution car, les compagnies qui polluent le plus, peuvent jouer un rôle majeur dans la transition énergétique et contribuer à la lutte contre le changement climatique. Ainsi, le gestionnaire d’actifs américain a été accusé « d’hypocrisie gênante » par rapport à sa position sur le changement climatique par l’AODP (Asset Owners Disclosure Project). En effet, BlackRock et Vanguard, qui représentent ensemble 11% du capital d’ExxonMobil, ainsi que d’autres signataires des Principes pour l’Investissement Responsable (PRI), ont apporté leur soutien au conseil d’administration, lors du vote d’une résolution pour contraindre le groupe pétrolier à publier des informations sur l’impact sur ses activités de l’objectif mondial de Paris de limiter le réchauffement climatique en dessous de 2 degrés. Julian Poulter, président de l’AODP affirme que « les sociétés de gestion et les détenteurs d’actifs qui ont aidé Exxon à faire échec à cette résolution modeste sur le climat ne risquent pas seulement leur argent, ils trahissent des gens ordinaires dont les retraites sont investis dans l’action Exxon. »

Malgré ces critiques à l’égard des fonds de gestion qui ont soutenu ExxonMobil, une évolution négligeable des actions menées pour lutter contre le changement climatique est à noter. La Chine et les Etats-Unis, les deux plus grands pollueurs, ont ratifié l’accord de Paris sur le changement climatique. Aviva, Amlin et Aegon qui gèrent ensemble 1,2 billions de dollars, recommandent aux gouvernements de mettre fin à l’investissement public qui soutient la production de pétrole, de gaz et de charbon d’ici 2020, excepté dans les cas extrêmes où il n’y a pas d’autre option pour permettre l’accès à l’énergie aux plus démunis.


Retrouvez l’article 173 de la loi relative à la transition énergétique

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