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Bilan 2016 du Financement Participatif en France

Mardi 21 février l’association Financement Participatif France (FPF) a dévoilé son baromètre annuel de la finance alternative en France pour l’année 2016 en collaboration avec KPMG.

La Finance alternative (trop souvent associée à la seule activité de crowdfunding) regroupe plusieurs segments de la nouvelle finance :

–   Le financement participatif

–   Le prêt à la consommation en ligne

–   Les fonds de prêt aux entreprises en ligne

–   La solidarité embarquée

–   Les cagnottes en ligne

On constate que la croissance est de nouveau au rendez vous en 2016. En effet la totalité des montants collectés en rapport avec le financement alternatif affichent une progression de 112%.

Croissance de la finance alternative par rapport à 2015

Le chiffre annoncé est donc désormais de 628,8 millions d’euros. En 2015, seulement 296,8 millions d’euros avaient été collectés .

D’après Nicolas Lesur, président de Financement Participatif France, cette croissance a été rendue possible par:

«la création de nouveaux projets et de nouvelles plateformes, ainsi qu’à une hybridation de plus en plus prégnante des modèles ».

Au sein de la finance alternative, le financement participatif voit progresser tous ses différents segments avec une augmentation de 37% pour le don, de 46% pour le prêt et enfin de 36% pour l’investissement en fonds propres.

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Source Financement Participatif France, Baromètre crowdfunding 2016

Une croissance qui n’est pas toujours synonyme de progression

 

Bien qu’au sein de la finance alternative l’activité de financement participatif soit en constante progression depuis plusieurs années, ce succès est à relativiser. En effet, la croissance constatée en 2016 est moins importante que l’année précédente. En 2015, l’investissement dans les activités de crowdfunding avait enregistré une hausse de 95%, alors que cette année on ne recense plus que 40% d’augmentation sur la même activité. Pourtant, pour les spécialistes, ce ralentissement est signe que le marché gagne en maturité et ne doit pas inquiéter plus que de raison, surtout quand on s’intéresse à la rentabilité moyenne des projets, qui atteint globalement les 7%.

Les pouvoirs publics s’intéressent de plus en plus à cette nouvelle forme de financement entraînant l’extension du secteur.

On voit fleurir les décrets et réglementations qui cherchent à encadrer l’activité.

Le problème de la finance participative aujourd’hui est qu’il existe trop de plateformes différentes évoluant dans un marché encore trop petit et encadré par des statuts juridiques non attractifs pour les investisseurs. Il est fort probable d’assister en 2017 à des concentrations dans le secteur.

La pluralité des plateformes est aussi propice à l’émergence de scandales directement en relation avec une utilisation abusive des fonds levés grâce à la finance participative, en particulier dans le cas du “don” financier. En revanche ces scandales semblent épargner l’activité de crowd-equity où les investisseurs sont plus attentifs aux projets qu’ils sélectionnent. Si 2016 à été l’année du crowdlending, 2017 a de bonnes chances de voir le crowd-equity s’envoler.

Le secteur économique remporte la palme du financement le plus important

 

Le financement participatif pour l’année 2016 affecte les différents secteurs de la manière suivante :

Ø  47% secteur économique

Ø  25% secteur social

Ø  19% secteur culturel

Ø  9% développement durable, hôtellerie/restauration et plaidoyer citoyen

Les porteurs de projets comme les associations, les entreprises commerciales ou les particuliers semblent donc favoriser le secteur économique basé sur les échanges marchands de biens ou de services pour attirer les investisseurs.

Autre nouveauté du baromètre de 2016 : l’âge moyen des acteurs s’engageant dans les activités de crowdfunding. Il y a un phénomène de rajeunissement des acteurs du secteur et l’émergence de “profil type” d’investisseurs en fonction du segment.

Investissement par le don :

Le type d’investisseur qui choisit cette voie est généralement jeune.

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Investissement par le prêt:

Cet investissement fédère les investisseurs de toutes tranches d’âges. Il s’impose comme le segment le plus équilibré.

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Investissement par equity:

Ce financement s’impose comme le plus technique et attire donc les investisseurs avec le plus d’expérience. Cela se traduit aussi dans l’âge des investisseurs optant pour cette solution.

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Source: Baromètre du crowdfunding en France, KPMG

Le gouvernement soutient activement ces différentes formes de financement qui s’installent ainsi progressivement dans le débat public. Ainsi le cadre légal avait déjà été assoupli en 2014 ce qui avait permis au baromètre de l’année 2015 d’afficher des résultats exceptionnels en terme de croissance. On y trouvait en particulier la création de nouveaux statuts (IFP et CIF) plus avantageux et sécurisants pour l’investisseur respectivement dans les secteurs du crowdlending et du crowd-equity. Ces résultats favorables attirent les investisseurs qui ont de plus en plus confiance en la possible rentabilité des projets.  Ce nouvel essor a été de nouveau appuyé par les pouvoirs publics en 2016 notamment avec l’assouplissement des conditions pour investir sur les différentes plateformes. Le fait de légiférer sur les questions relatives au financement participatif renforce la légitimité de ce mode de financement alternatif. La France semble suivre les traces dans ce domaine de son voisin anglo-saxon, leader incontesté du financement participatif en Europe.

En effet les français peuvent désormais, comme c’est déjà le cas outre-Manche, souscrire à de nouveaux instruments comme les actions de préférences, nouveauté dans le cas du financement participatif, qui permet à l’investisseur de se couvrir en cas de faillite du projet.  Les plafonds de prêt pouvant être accordés par les particuliers ont quant à eux doublés. Il faudra en revanche attendre la parution du baromètre 2017 pour mesurer les effets bénéfiques de ces nouvelles mesures sur la santé de la finance participative.

La finance alternative commence à se faire entendre comme un futur acteur central des nouveaux débats. Ce secteur actuellement porteur a pour but de réconcilier l’investissement avec l’intérêt général. En cette période d’élection présidentielle, de plus en plus de plateforme s’associent, à l’image du pionnier 1001PACT et finansol avec leur pétition en ligne, dans le but de faire entendre la voix des nouvelles méthodes de financement.

Cette tendance est traduite dans l’évolution des fonds investis dans les projets de financements participatifs:

● DON (en millions d’euros)

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● PRET (en millions d’euros)

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● EQUITY ( en millions d’euros)

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Source: Baromètre du crowdfunding en France, KPMG , 2014 à 2016

Pour en savoir plus :

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