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A la découverte de Nutri’zaza

Epargne solidaire | 10/11/2016

Nutri’zaza: l’entreprise sociale qui lutte contre la malnutrition infantile au Madagascar

 

Novafi participe à la semaine de la finance solidaire, en partenariat avec Finansol pour vous éclairer sur l’usage des fonds alloués à l’épargne solidaire. Nous publions chaque jour l’interview d’un bénéficiaire – associations, porteurs de projet, entreprise de l’économie sociale ou solidaire –  ou d’un acteur de la finance solidaire, situé en France ou dans les pays en développement.

Aujourd’hui nous allons à la rencontre de Nutri’zaza, l’entreprise sociale qui contribue à la lutte contre la malnutrition infantile au Madagascar. Nutri’zaza a été en 2015 lauréate du prix de la finance solidaire dans la catégorie « entrepreneuriat dans les pays en développement » . Découvrons comment la finance solidaire a aidé Mieja Vola Rakotonarivo et son équipe à réaliser ce projet.

1)     Pouvez-vous nous présenter le projet Nutri’zaza

Créée en  2013, Nutri’zaza est une entreprise sociale qui a pour but de lutter contre la malnutrition infantile au Madagascar. En 2002, l’ONG française Gret avait lancé un projet de distribution de produits fortifiés pour lutter contre ce fléau qui atteint plus de deux millions d’enfants de moins de 5ans et, pour pérenniser son action, Nutri’zaza a été créée.

Ainsi, Nous distribuons des produits fortifiés qui sont des aliments de complément pour les  enfants de plus de 6 mois la « Koba Aina » qui est distribué en particulier dans des « restaurants pour bébés ». Nous ciblons principalement les femmes enceintes et/ou allaitantes, ainsi que  les enfants à partir de 6 mois. En plus des restaurants pour bébés, nous utilisons d’autres canaux de distribution tels que les épiceries, les pharmacies, etc. Par ailleurs, pour toucher les personnes à très bas revenus, le produit est aussi distribué par les associations et les ONG locales partenaires.

2)     Quel est l’impact du projet sur les populations locales?

Nutri’zaza est une entreprise sociale qui promeut le développement local. Tout d’abord, les matières premières que nous utilisons pour préparer les céréales sont produites localement. Par exemple, la Koba Aina est une céréale à base de maïs, riz, soja, arachide, qui sont tous produits sur l’île.  Aussi, tous les fournisseurs sont des fournisseurs locaux. Nutri’zaza contribue à la promotion de l’économie locale.

Par ailleurs, nous donnons aux femmes l’opportunité de pouvoir être indépendante : 95% des femmes que nous employons sont généralement monoparentales, femmes au foyer ou avec un niveau d’éducation faible. L’argent qu’elles gagnent en travaillant auprès de Nutri’zaza leur permet de subvenir à leurs besoins et de payer la scolarité de leurs enfants.

3)     En quoi le partenariat avec la SIDI vous a aidé dans la réalisation de votre projet ?

Nous avons eu du mal au début pour finaliser le montage financier de l’entreprise. Grâce à des investisseurs comme la SIDI ou encore des partenaires comme l’Agence Française de Développement, qui nous ont accompagné depuis le départ dans le montage financier et humain de l’entreprise et dans le processus de développement, nous sommes arrivés à finaliser la création de Nutri’zaza.

En effet, Nutri’zaza est une entreprise sociale ce qui signifie que les actionnaires ne sont pas rémunérés sur leurs investissements. C’est une vraie prise de position de faire primer l’impact social sur l’impact financier, et il est plus difficile de trouver des entreprises intéressées par ce genre d’initiative. Rencontrer la SIDI et l’avoir comme partenaire a été une vraie aubaine pour Nutri’zaza. La SIDI est très vigilent sur le côté financier de l’entreprise mais reste très soucieuse de l’impact social du projet, l’impact de nos actions sur les enfants malgaches : c’est un impact investisseur qui se soucie avant tout de l’impact social.

4)     Quels sont les apports extra-financiers du partenariat avec la SIDI?

La SIDI est un partenaire très présent qui nous a accompagné durant tout le processus de démarrage et qui, au fil des mois, nous a aidé pour les montages humains et financiers, le management et nous a fait profiter de son expertise en la matière ; il y a une vraie complémentarité entre Nutri’zaza et la SIDI qui m’accompagne également  en tant que dirigeante sur certains aspects.

La SIDI est un investisseur soucieux de l’éthique, de l’aspect social, que ce soit en interne ou sur les populations ciblées.

5)     Quelles sont vos réalisations depuis le début?

Nous avons réussi un changement d’échelle entre la période où c’était un projet porté par une organisation et quand c’est devenu un projet porté par une entreprise. En 10 ans d’activité, le Gret a réussi à distribuer 13 millions de repas et Nutri’zaza en un an fait plus d’onze millions de repas. En effet, la création de l’entreprise sociale, Nutri’zaza, avec l’assistance technique de l’ONG Gret, a permis de gérer plus professionnellement et de manière transparente le projet de distribution de produits fortifiés aux enfants malgaches.

Aussi,  dans le cadre du projet, porté initialement par le Gret, le projet était présent dans 7 villes, après 3 ans d’activités de l’entreprise,  Nutri’zaza est présente dans presque 30 villes et nous employons désormais 100 femmes qui travaillent dans notre réseau d’intervention.

Par ailleurs, chaque jour nous touchons entre 7000 et 8000 enfants par le biais de nos interventions que ce soit par la distribution de produits, les conseils personnalisés, etc.

6)     Quelles sont vos prévisions sur les trois prochaines années ?

L’Agence Française de Développement nous a aussi accompagné depuis la création de l’entreprise et nous a permis de bénéficier d’une subvention d’équilibre pour les premières années de Nutri’zaza. La subvention s’arrête cette année, et Nutri’zaza a pour objectif d’être viable économiquement  viser laà partir de l’année prochaine pour ne pas avoir à entamer nos capitaux propres et nos capacités d’investissement.

  • Pour 2017, notre objectif est donc la rentabilité économique. Selon nos prévisions nous atteindrons l’équilibre. Nous voulons aussi étendre nos groupes cibles : il y a une partie de la population qu’on n’arrive pas à toucher spécifiquement pas nos produits, les enfants de 2 à 6 ans. On a un produit pour les enfants de moins de 2ans et de plus de 6 ans mais pas entre 2 et 6 ans, qui eux aussi sont concernés par la malnutrition infantile. L’année prochaine on va travailler sur cela et proposer aux familles de pouvoir disposer d’aliments adaptés, de qualité, toujours à prix accessible pour les enfants de cette tranche d’âge.
  • Pour 2018 et 2019, l’objectif est de pouvoir s’installer dans le Grand Nord de l’île, le Moyen Ouest et l’Ouest, là où on n’est pas présent pour le moment. Ensuite, nous sommes en train d’étudier les possibilités pour peut-être épandre le projet aux îles voisines, notamment Mayotte.

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